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Emploi-Environnement

Orientation : quelle carrière un Bac+2 peut-il espérer dans le secteur de l'Environnement ?

Quels sont les métiers techniques en Environnement qui recrutent ? Quelle est la place des Bac +2/+3 ? Compte-rendu d'une conférence organisée par le CIDJ, pour aider les conseillers d'orientation à guider les jeunes dans leurs choix de formation.

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Orientation : quelle carrière un Bac+2 peut-il espérer dans le secteur de l'Environnement ?

L'une des séquences de la journée du CIDJ Paris, consacrée aux métiers de l'Environnement, a permis de souligner la professionnalisation d'un secteur qui devient high-tech. Au point où les recruteurs privilégient les profils Bac pro ou Bac+2/+3, capables de monter en compétences.

Une intervention de Sébastien Trollé (Emploi-Environnement) a mis en lumière les métiers “stars” du secteur, mais dont la composante technique et technologique pourrait constituer une barrière à l'entrée pour les profils insuffisamment formés.

L'occasion d'aborder des parcours de formation adaptés, qui correspondent à un fort potentiel de recrutements, et qui garantissent une bonne employabilité à court et moyen termes. Une attente exprimée par les Conseillers d'orientation, pour qui l'événement du 10 avril était organisé.

Eau : construire et exploiter les réseaux, traiter la ressource

Les activités liées à la construction et à l'exploitation des réseaux d'eau, usée ou potable, génèrent de nombreux emplois. Outre les métiers évidemment rattachés au secteur, qui se préparent avec un CAP Canalisateur, un BTS Métiers de l'eau ou GEMEAU, la profession doit attirer d'autres profils.

La composante BTP de l'activité constitue une porte d'entrée pour des profils diplômés d'un Bac+2 en Génie Civil ou Travaux-Publics. Par ailleurs, la réglementation qui impose de cartographier tous les réseaux existants en France, crée un appel d'air pour les compétences en Systèmes d'Information Géographique (SIG) et Géomatique de niveau licence ou master. À noter, le lancement récent d'une Formation Complémentaire d'Initiative Locale (FCIL) de “Technicien Spécialiste Détection et Géo-référencement de Réseaux”, en Corrèze, soutenue par la profession. Elle est accessible à Bac+2, par exemple après un BTS Géomètre-Topographe.

Enfin, la multiplication des automatismes crée une forte tension sur les candidats titulaires d'un BTS Électrotechnique ou Maintenance Industrielle, tandis que les missions obligatoires de diagnostic des fuites d'eau sur le réseau, incombent à nombre d'intervenants de terrain. La maîtrise des équipements de diagnostic non destructif devient un impératif.

Dans le domaine du traitement de l'eau, l'émergence des nouvelles technologies, interopérables, est majeure. L'activité est désormais à appréhender comme une industrie de process, qui applique des techniques de laboratoire en continu, assorties d'automatismes et d'outils de reporting très élaborés.

Parmi les diplômes recherchés : BTS Métiers de l'eau / Chimie • BTS / DUT Automatisme • BTS Mécanique et automatismes industriels (MAI) • BTS Électrotechnique • BTS Maintenance Industrielle.

Déchets : trier plus, recycler mieux et vendre la matière secondaire

Autre secteur dont la mécanisation et la robotisation impliquent une professionnalisation des profils : celui du tri des déchets et du recyclage. Le temps de chiffonniers est bien révolu, tandis que les CAP Opérateur centre de tri vont devoir relever un défi.

Il faut trier davantage de matériaux différents, savoir les diagnostiquer et les trier sans erreur, tout en accélérant les cadences, à moindre coût. L'humain est remplacé par la machine, mais requiert des superviseurs aguerris et des compétences en exploitation de niveau Bac+2 en électromécanique et automatismes. Si la pénibilité du travail recule, la barrière à l'entrée pour travailler dans le secteur monte d'un cran, aux détriments des premiers niveaux de qualification qui risquent de présenter des lacunes pour évoluer.

Enfin, les flux de déchets et de matières premières secondaires font l'objet de transactions commerciales, souvent internationales… de quoi ouvrir de l'espace pour des profils Bac+2 en Négoce international ou formés au concept d'économie circulaire. Sur un territoire, “les déchets des uns constituent une ressource pour les autres”.

De nouveaux métiers se sont développés, parfois à niveau de qualification faible, tels que Agent de déchetterie ou encore Maître composteur, en charge de la problématique biodéchets des territoires (sensibilisation, animation, valorisation). Sur le plan analytique, un BTS Chimie peut intéresser, mais les postes sont plus rares.

Éolien : exploiter et maintenir des parcs au sein des territoires

Pour ceux qui sont intéressés par les Énergies Renouvelables, la filière éolienne constitue la voie royale, particulièrement en phase d'exploitation des parcs. La demande des entreprises pour des techniciens itinérants est soutenue. La pénurie de profils a même incité les turbiniers à créer leurs propres organismes de formation continue.

Le sésame d'entrée sera souvent un BTS Technicien de Maintenance Éolien ou équivalent. Une certification BZEE de votre parcours est un must, tandis que les formations à la sécurité GWO (Global Wind Organisation) consolident les candidatures.

Bien évidemment, il faut s'assurer de sa condition physique avant d'entamer une formation, et ne pas être sujet au vertige. Des recruteurs du secteur ont témoigné d'annulations de candidature lors de tests de recrutement. Chez certains exploitants de parcs, il faut savoir redescendre un équipier de l'éolienne, en rappel, pour prétendre à un poste. Les postes sont nombreux à pourvoir. Il s'agit d'emplois itinérants et non délocalisables.

Énergie solaire et bâtiment : la double compétence a de l'avenir !

Concernant le secteur de l'énergie solaire, les centrales de petites tailles, intégrées aux maisons et bâtiments, représentent un potentiel d'interventions quantitativement élevé en installation et maintenance.

L'association de compétences ou diplômes en “bâtiment” - électricité, couverture, plomberie - avec des compétences ou diplômes en “solaire”, constitue un excellent profil. Dans le domaine, la technicité attendue est à la hausse, et les certifications devenues incontournables : RGE Études, QualiPV BAT, Qualisol COLLECTIF, QualiPV ELEC… L'acquisition de compétences spécifiques en Stockage de l'énergie permettra de cibler une des dynamiques annoncées du secteur.

Au titre de la formation initiale, une Mention Complémentaire d'un an après un BEP permet d'ouvrir des perspectives, tandis que les étudiants Bac +2/+3 pourront plus facilement évoluer vers des missions de techniciens-conseils. Pour les professionnels du bâtiment, des Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) permettent la reconnaissance de compétences EnR acquises au fur et à mesure d'une carrière. > + d'info sur le solaire

Concernant le bâtiment stricto sensu, la transition énergétique crée des opportunités d'emploi, en rapport avec la rénovation du parc immobilier, tant en termes d'isolation, de génie climatique que de systèmes énergétiques.

Au niveau de la prescription, les projets complexes et de grande envergure (ensemble immobilier) sont pilotés par des bureaux d'études, principalement constitués d'ingénieurs Bac +5. Mais nombre de projets, plus simples (maison individuelle), vont pouvoir être pris en charge par des techniciens Bac +2/+3. Le lancement récent du titre professionnel de Technicien supérieur d'études en optimisation énergétique du bâtiment est un signe avant-coureur. Il prépare à des postes de type Conseiller en rénovation énergétique, Technicien d'études en génie climatique...

Technicité oblige, les programmes de formations aux métiers du bâtiment devront enrichir leurs programmes ou créer des spécialisations : Building Information Modeling (BIM), isolation, domotique, EnR… le bâtiment durable s'impose.

Sans pouvoir être exhaustif, nous conclurons avec un autre métier fortement pourvoyeur d'emplois : celui de Diagnostiqueur immobilier. Chaque transaction immobilière en France fait l'objet de diagnostics (amiante, plomb, termite, performance énergétique, risques naturels…). Il s'agit d'une piste à considérer au moment de son orientation. Une formation diplômante en Diagnostic immobilier de niveau Bac+3 RNCP peut être judicieuse. Les perspectives sont celles d'un emploi salarié chez les grands de la certification, au sein d'un réseau spécialisé, ou encore en qualité d'auto-entrepreneur.

Loin d'être exhaustifs, les secteurs d'activité évoqués permettent de faire vivre ses convictions personnelles tout en tablant sur un potentiel de recrutement élevé. Les barrières “techniques” à l'entrée sont à prendre en considération parce que incontournables. Les perspectives de moyen et long termes dans ces métiers peuvent donner confiance en l'avenir. > que faire avec peu de diplômes ?

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