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Emploi-Environnement

Votre formation d'ordonnanceur ou de géomaticien intéresse les services de l'Eau

Le reporting dans les réseaux d'eau et d'assainissement fait évoluer le métier des agents. Le candidat idéal associe savoir-faire technique et maîtrise des données numériques. La profession s'implique dans la formation de ces nouveaux profils courtisés.

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Votre formation d'ordonnanceur ou de géomaticien intéresse les services de l'Eau

L'évolution des technologies de mesure et les nouvelles obligations qui incombent aux collectivités de bien connaître leurs réseaux a poussé les gestionnaires des réseaux d'eau et d'assainissement à monitorer. Capteurs, sondes et autres compteurs surveillent ce qui se passe en temps réel. La quantité mais aussi la qualité de l'eau sont scrutées.

Le numérique s'empare des métiers de l'eau

Cette tendance observée depuis une dizaine d'années impacte les métiers de la gestion des réseaux. "On automatise, on informatise, on mesure pour disposer de plus en plus d'informations en temps réel. A tout moment, il faut connaître ce qu'il se passe de la ressource à l'abonné. Ce qui signifie pour le personnel de monter en compétences sur ce domaine et notamment autour de la mesure et la gestion de la donnée", explique Pascal Boyer, directeur commercial de l'Office international de l'eau (Oieau).

La gestion de ces données devient donc un enjeu stratégique pour les collectivités et les entreprises de l'eau. Cela s'est traduit ces dernières années par la création d'un nouveau métier : l'ordonnanceur.

Ordonnanceur : un métier qui gagne du terrain

Ce superviseur collecte les données du réseau et les remontées clients afin de planifier les interventions des équipes sur le terrain. "Il prépare les opérations, organise, planifie pour que les équipes aient un agenda le plus complet possible. Il utilise la géolocalisation des équipes pour avoir une meilleure efficience sur le terrain. Ainsi, la technologie évolue mais l'humain garde toute sa place. L'ordonnanceur devient la plaque tournante en temps réel du planning des équipes", confirme Pascal Boyer. Son périmètre d'action est en général l'équivalent d'une grande région administrative. Il opère au sein d'un centre de pilotage opérationnel (CPO).

Ce nouveau métier nécessite des compétences techniques, des compétences en management et en relation clientèle mais aussi en gestion commerciale puisque l'ordonnanceur fait l'interface entre toutes les informations des acteurs du réseau.

Pour trouver la perle rare, les entreprises de l'eau ont développé deux stratégies : recruter en interne, à partir du personnel de terrain sous forme de promotion, ou en externe. "Dans tous les cas, il y a besoin de monter en compétence pour maîtriser l'ensemble des maillons de la chaîne décisionnelle", prévient Pascal Boyer.

Un CQP pour officialiser le métier et la formation associée

Face à ces besoins, la Fédération des entreprises de l'eau (FP2E) a créé un diplôme reconnu par la branche, un certificat de qualification professionnelle (CQP) d'ordonnanceur. Pour obtenir ce CQP, les candidats doivent intégrer les parcours de formation mis au point par les entreprises. Selon leurs connaissances, ils suivent des modules de formation complémentaires les menant à l'obtention du CQP.

Saur a ainsi donné une visibilité spécifique à ce programme en le baptisant l'Ordo Academy. "L'académie Saur procède de notre politique de création de parcours de formation par combinaison de modules internes et externes. Nous fixons les compétences à acquérir pour chaque métier et nous créons le package de modules qui va avec", précise Pascal Brindejonc, directeur de la formation chez Saur. "Nous faisons du sur-mesure en nous appuyant sur ce qui existe déjà", ajoute-t-il.

La première promotion de l'Ordo Academy a intégré 10 stagiaires, l'entreprise en formant une vingtaine au total cette année. Saur a choisi d'installer son centre de formation dans son CPO de Nîmes (Gard) pour renforcer la proximité territoriale et n'exclut pas de répliquer un second centre de formation dans l'un de ses cinq autres CPO métropolitains (Toulouse, Vannes, Serris, Lyon, Saumur).

Selon les stratégies des entreprises, la formation peut durer trois mois en mi-temps, ou être plus étalée sur un an ou deux. Tout au long de la formation, l'évaluation des acquis est réalisée par le référent métiers de l'entreprise, et les formateurs internes et externes. L'évaluation finale est réalisée au cours d'une audition en situation par un organisme évaluateur indépendant, l'Oieau. Les premiers CQP ont été officiellement attribués fin novembre.

Cartographie, changement climatique… les métiers de l'eau vont encore évoluer

D'autres métiers liés à la manipulation de données voient le jour. C'est le cas des géomaticiens, ces cartographes capables de mettre de la donnée sur des plans. "Les collectivités doivent désormais bien connaître leur réseau. Le cartographe est important et doit être capable d'anticiper les pannes et les réparations", explique Pascal Brindejonc. Saur envisage d'ailleurs de créer prochainement un parcours de formation dédié.

Et demain ? Pour l'Office international de l'eau, la prochaine évolution des métiers de l'eau sera liée au changement climatique. "Les prochaines évolutions sont des évolutions qu'on maîtrise mal comme l'incidence du changement climatique sur les investissements et le fonctionnement des services d'eau et assainissement. Une chose est sûre, il va falloir concevoir et dimensionner les futurs réseaux par rapport à la ressource mobilisable en eau et non plus sur la démographie". En tant que centre de formation, l'Oieau réfléchit déjà à de nouveaux modules à ce sujet.