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[Pollutec] 8 000 postes pourraient être créés dans le secteur des déchets d'ici à 2030

Une étude commandée par Federec s'est penchée sur les principales filières du secteur des déchets pour évaluer leurs perspectives de développement d'ici à 2030 et mieux les accompagner. Détails des projections.

Article  |  Déchets  |    
[Pollutec] 8 000 postes pourraient être créés dans le secteur des déchets d'ici à 2030

La crise du Covid que le monde traverse a fortement impacté l'économie dans son ensemble et ses conséquences sur les années à venir restent encore à déterminer, pointe une étude sur l'emploi et les compétences dans l'industrie du recyclage, commandée par Federec et réalisée par Kyu associés. Les entreprises de la récupération subissent les évolutions à la fois au niveau de la production des volumes de déchets à traiter et de la demande en matières premières issues du recyclage (MPiR).

Les auteurs de l'étude se sont penchés sur les 12 filières principales de déchets que ce soit pour de la collecte, du tri, du traitement et de la valorisation. L'objectif ? Construire à partir des éléments recueillis un plan stratégique sur les emplois et la formation pour accompagner les transformations de la profession.

Une photographie de la filière en 2020 montre qu'elle compte 33 600 salariés, principalement dans les secteurs de l'exploitation et de la maintenance (39 %) ainsi que de la logistique et du transport (32 %). Les emplois se retrouvent également dans une moindre mesure dans la gestion et les fonctions supports (18 %). De façon plus restreinte encore dans les achats et ventes (7 %), puis dans la recherche et développement (R&D) ou la qualité, hygiène, sécurité, environnement (QHSE) (4 %). Trois régions accueillent une grande partie de ces salariés (42 %) : l'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France. Ces dernières disposent en effet d'un tissu industriel avec un besoin important en matières premières. Autre caractéristique des acteurs de cette branche : leur effectif croît depuis 2016,grosso modo dans la même proportion que l'augmentation des volumes traités par la branche.

Trois scénarios prospectifs

Pour essayer d'anticiper les évolutions futures et les besoins de la filière, les auteurs de l'étude se sont intéressés à trois scénarios : le premier mise sur une reprise forte de l'économie dans un contexte d'atteinte des objectifs de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (Agec). Le second estime que les objectifs fixés par la réglementation seront atteints partiellement avec une reprise économique lente et limitée. Le dernier considère que les taux de recyclage actuels se maintiendront et que le pays s'installera dans une phase de récession durable.

« Nous sommes un secteur porteur, mais un certain nombre d'interrogations se posent sur l'évolution du secteur du recyclage concernant aussi bien les débouchés que l'impact de la réglementation, détaille Sylviane Troadec, présidente de la commission sociale et formation de Federec. Dans ce contexte, le scénario médian a été retenu. » Ce dernier estime qu'environ 8 000 emplois pourraient être créés d'ici à 2030, dont 3 000 postes dans l'exploitation et la maintenance, 2 500 dans les transports et la logistique, 1 000 dans les fonctions commerciales, 1 000 dans les fonctions de gestion et supports et 500 dans les domaines R&D et QHSE. « La filière va avoir un besoin quantitatif mais également qualitatif : une partie de ces emplois vont évoluer en termes de compétence du fait de l'évolution des technologies et de la réglementation », indique Sylviane Troadec.

Ainsi, l'arrivée de nouveaux procédés de tri pourrait jouer sur les besoins en activité de maintenance. « Le déploiement d'automates et de robots alimentés par des capteurs entraîne un besoin très important de compétences de maintenance en électromécanique et informatique, souligne le rapport. Si, pour l'heure, il est possible de sous-traiter une partie de cette activité, son développement pousse à développer les métiers en interne afin de travailler notamment à la maintenance préventive pour réduire les temps d'arrêt. »

Mais, dans le même temps, cette évolution pèsera sur les opérateurs de tri. « La robotisation croissante pourrait avoir un impact négatif sur le nombre d'emplois d'opérateurs de tri, car si ces évolutions techniques permettent d'améliorer les conditions de travail – ergonomie du poste, sécurité, confort – le besoin en main-d'oeuvre pourrait diminuer », note le cabinet Kyu associés.

Un effet moteur des structures dédiées au réemploi et la réutilisation

Les auteurs indiquent également que l'augmentation constatée de 30 % du réemploi et de la réutilisation des produits ménagers entre 2014 et 2017 devrait influencer l'émergence des métiers de préparateurs-réparateurs. « Les compétences permettant d'évaluer le potentiel de réutilisation, de reconditionner, voire de réparer et de contrôler le fonctionnement de déchets, pourraient émerger dans la branche », souligne le rapport.

 
Nous sommes un secteur porteur mais un certain nombre d'interrogations se posent sur l'évolution du secteur du recyclage concernant aussi bien les débouchés que l'impact de la réglementation.  
Sylviane Troadec présidente de la commission sociale et formation de Federec
 
De la même manière, l'augmentation de la digitalisation des échanges pourrait influencer le secteur des achats et des ventes : les professionnels devront ainsi développer leurs capacités à établir des prévisions de besoin sur la base de l'analyse des données d'évolution des gisements.

Autre facteur d'évolution selon le rapport : le développement de l'écoconception. Les services marketing pourraient ainsi proposer à l'avenir davantage de prestations de services de conseil en écoconception ou en valorisation sur la base de l'expertise technique des recycleurs. Cet essor entraîne également un besoin de recherche pour la conception d'écoproduits.

Des travaux d'ingénierie des matériaux et des procédés de transformation chimiques seront également nécessaires pour accompagner l'arrivée de nouveaux procédés de traitement pour obtenir des matières premières issues du recyclage (MPiR) de meilleures qualités, pour élaborer de nouveaux matériaux ou encore de nouveaux débouchés pour celles-ci.

Devant un marché des matières premières soumis à de fortes fluctuations, les services marketing devront également muscler leurs compétences pour commercialiser des gammes de matières normées issues de la transformation des déchets traités.

« Les besoins en emplois et en compétences sur les métiers de la qualité et de la prévention en hygiène, sécurité et environnement constituent un axe clé dans l'évolution de l'outil industriel des entreprises du recyclage, afin qu'elles assurent leur mise aux normes en continu et améliorent les conditions de travail des salariés », souligne également le rapport.

Un plan d'action en deux axes pour accompagner les évolutions

Pour accompagner ces évolutions, les auteurs pointent plusieurs chantiers à mener, dont le nécessaire développement de l'attractivité des entreprises du secteur des déchets. « Tout comme le reste de l'industrie, les départs à la retraite à venir sont importants et impliquent de recruter des jeunes avec un rythme d'environ 1 000 recrutements à réaliser chaque année à volume constant, rappelle-t-il. Ce besoin en recrutement est également à mettre en perspective des scénarios prospectifs : les scénarios 1 et 2 plus ambitieux projettent entre 8 000 et 13 000 nouveaux emplois à pourvoir d'ici à 2030. » La filière devra également relever le défi de conserver ses jeunes collaborateurs. « Contrairement aux employés plus anciens, qui sont fidèles et installés, on constate un turnover important pour les jeunes embauchés », souligne le rapport. Enfin dernier enjeu : l'évolution des compétences métiers. « Le recours à la formation reste une difficulté pour les entreprises, limitant la montée en compétence des salariés actuels », pointe le rapport.

Federec compte concrétiser ces recommandations dans un plan d'action en deux axes : l'un consacré à l'attractivité, l'autre à la formation. « Certains de nos outils sont à dynamiser. Par exemple pour la formation, nous souhaitons réactiver notre réseau d'organismes de formation pour répondre localement à un besoin, aussi bien pour des jeunes que des salariés qui souhaitent évoluer, explique Sylviane Troadec. Nous devons également davantage communiquer sur nos modules de formation numériques, mais également sur les CAP, BEP, Bac pro ou les certificats de qualification professionnelle qui existent. »

La Fédération projette également de muscler ses opérations de communication pour développer l'attrait de la filière. « Concernant notre attractivité, nous devons continuer à actionner certains leviers : mettre en avant l'évolution des conditions de travail depuis vingt ans, nos travaux d'amélioration des minimas salariaux au travers de la convention collective, etc., souligne Sylviane Troadec. Mais aussi rappeler que ce secteur d'activité permet une bonne promotion pour des personnes sans beaucoup de bagage. »

L'ensemble des pistes sera examiné durant ce mois d'octobre et le plan d'actions devrait être finalisé d'ici la fin de l'année.

 
 
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