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Emploi-Environnement

Enseignement supérieur : comment intégrer les enjeux environnementaux dans les formations ?

Les étudiants expriment de plus en plus leur intérêt pour les enjeux écologiques. Certains établissements d'enseignement supérieur prennent d'ores et déjà des initiatives pour ajuster leurs formations. Aperçu des modèles pédagogiques qui émergent.

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Enseignement supérieur : comment intégrer les enjeux environnementaux dans les formations ?

Comment faire évoluer les formations du supérieur pour une meilleure prise en compte des enjeux écologiques ? C'est la question que se posent étudiants, enseignants et directions d'établissement. Certaines directions d'établissement ont entamé des discussions avec leurs étudiants. C'est le cas, par exemple, à Centrale Supélec, à l'Ecole polytechnique, etc. Des établissements ont déjà pris des mesures concrètes pour traiter le sujet en début de cursus.

PSL lance la "School of positive impact"

Paris Sciences et Lettres (PSL) - l'Ecole normale supérieure (ENS), l'université Paris Dauphine, Mines ParisTech, l'Ecole des hautes études en sciences sociales, les Beaux Arts, etc. -, a annoncé le lancement d'une licence en développement durable. Appelée "School of positive impact", elle accueillera 30 étudiants à la rentrée de septembre 2019. Ils seront formés en sciences naturelles, de l'ingénieur et en sciences humaines, économiques et sociales. "C'est une formation généraliste, pas professionnalisante, de futurs cadres, explique Alain Fuchs, président de PSL. Toutes les applications et projets seront colorés, orientés vers des questions de transition énergétique et de climat."

Des modules généralistes ou spécialisés à l'ENPC et Polytechnique

D'autres écoles ont opté pour la mise en place de modules de sensibilisation. C'est le cas, par exemple, de l'Ecole des Ponts ParisTech (ENPC). "Nous avons créé un module de sensibilisation en première année aux enjeux climat-énergie, précise Sophie Mougard, la directrice de l'école. Il s'agit de six séances de deux heures trente avec des projets sur différentes thématiques qui requièrent un travail personnel".

Par sa part, la direction de l'Ecole polytechnique a opté pour la création d'un module spécialisé qui traite des questions environnementales sous le prisme des différents modèles économiques. Il s'agit d'une séance d'une heure trente accompagnée de deux heures de travaux dirigés qui seront intégrés dans le tronc commun d'économie.

Sulitest obligatoire à la Kedge Business School

A l'ENPC, comme à Kedge Business School, le Sulitest - Sustainability Literacy Test - est devenu obligatoire. L'école de commerce prévoit de faire de ce QCM de 50 questions sur le développement durable un prérequis pour l'obtention du diplôme à partir de 2021.

Ces initiatives soulèvent des nombreuses questions. Parmi elles : celle de la manière d'intégrer les enjeux écologiques dans les formations. Faut-il créer une formation dédiée, comme à PSL ? Ou bien un module, comme à l'ENPC ? Ou laisser le soin à chaque enseignants d'intégrer ces notions dans son cours ?

Le Shift project appelle à l'élaboration d'une stratégie nationale

Le Shift project considère qu'il faut définir une stratégie nationale de l'enseignement supérieur pour le climat. Le think tank a émis cette préconisation après avoir réalisé un rapport qui révélait les lacunes en terme d'intégration des enjeux climat-énergie dans les formations du supérieur. Jacques Treiner, président du comité des experts du Shift plaide pour "l'élaboration d'un socle commun de connaissances, basé sur les publications du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat)".

La question du financement

Se pose également la question du financement de cette adaptation des formations. "La transition change beaucoup l'approche, elle demande des moyens financiers considérables, affirme Laurence Parisot, présidente de la commission spéciale sur le Plan de programmation de l'emploi et des compétences (PPEC). Nous avons besoin de leviers financiers pour aller plus vite."

PSL, qui a opté pour un mécénat de la part de BNP Paribas pour financer sa School of positive impact, a suscité une levée de boucliers chez certains étudiants. Regroupés dans le collectif "PSL Contre-attaque" - 645 abonnés sur Facebook - , ils remettent en cause le financement de la formation par un mécène unique privé et regrettent que PSL et BNP Paribas aient communiqué sur le lancement de cette formation avant qu'elle ne soit votée par le conseil d'administration.

Elodie Buzaud.

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