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Même sous confinement les professionnels des déchets tiennent bon

Avec le confinement, le ramassage et le traitement des déchets se réorganisent en France. Même si l'activité a été réduite, la grande majorité des agents d'installations et de collecte public / privé continue à travailler. Leurs missions s'adaptent.

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Même sous confinement les professionnels des déchets tiennent bon

Collecter, conduire les bennes, balayer, nettoyer les voies, trier, traiter les déchets… autant de missions que les professionnels de l'environnement poursuivent malgré un contexte de sécurité sanitaire incertain.

Un secteur ralenti, mais des agents toujours mobilisés

Le confinement a entraîné une diminution mécanique du nombre des déchets ménagers, due, entre autres, aux fermetures des commerces. Depuis le 23 mars 2020, le tonnage des déchets a baissé de 25% pour Paris et les 84 communes alentours, rapporte le Syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères (Syctom).

Au plan national, malgré un ralentissement global des activités, les effectifs consacrés aux ordures ménagères sont maintenus. C'est le cas au Syctom, où le rythme et les horaires de passages des collectes n'ont pas été pas modifiés. Ses trois usines de valorisation énergétique et son centre de transfert fonctionnent normalement. Concernant les centres de tri, seul celui d'Issy-les-Moulineaux est resté en service, sur les 6 existants.

Les mesures sanitaires ont impacté les activités déchèterie et tri. Selon les dernières estimations de l'Amorce, Association des Collectivités Locales, 99% des 4.800 déchèteries publiques françaises et environ 50% des centres de tri publics ont fermé.

Les risques sanitaires du terrain à l'ampleur sous-estimée

Sur le terrain, on rencontre notamment : les ripeurs (agents de collecte), les conducteurs de benne dans les rues, et les agents de traitement en usines de tri ou de valorisation. Ils sont en première ligne en termes de risques sanitaires.

Le secteur est particulièrement exposé aux risques, qui peuvent partir d'un rien. Selon Nicolas Garnier, Délégué Général de l'Amorce, « Il est essentiel de faire savoir au grand public que les mouchoirs, les masques et les gants usagées ne doivent absolument pas se retrouver dans la collecte sélective, surtout si elle est en vrac. Ce type de déchets ne doit surtout pas se retrouver sur les chaînes de tri ou à proximité des ripeurs à l'arrière des bennes par exemple».

Pour le travail dans les usines de tri, les collectivités s'interrogent sur le bien fondé du maintien de l'activité actuellement : « Il n'est pas toujours possible de trier en maintenant une distance d'1,5 m inscrite dans les gestes barrières. La bonne sécurité des agents, est cruciale : sans la fourniture d'équipements de protection spécifique, nous ferons face à davantage d'absentéisme", précise Bertrand Bohain, Délégué général du CNR, Cercle national du recyclage.

La question de l'absentéisme pourrait donc encore se poser à ce stade. Selon Nicolas Garnier, la hausse du taux d'absentéisme enregistrée depuis une semaine, qui passe de 11% à 18%, est à surveiller. Même si cette hausse reste maîtrisée pour le moment.

Les solutions mises en place contre les risques sanitaires

Collectivités et exploitants ont la responsabilité partagée de fournir à leur personnel un matériel et les conditions de sécurité adaptés au contexte de crise sanitaire : gel hydroalcoolique, masques... "Pour assurer la sécurité sanitaire de nos équipes, nous appliquons et diffusons les bonnes pratiques sanitaires sur lieu de travail. Nous veillons également à ce que toutes les précautions soient prises : distances dans les vestiaires à respecter et lors des pauses... » explique Frédéric Guigou, Responsable communication de Pizzorno, spécialiste des services à l'environnement auprès des collectivités et industriels.

Sur le terrain des ajustements sont également réalisés. Avec la mise en place de distanciation et de rotations au sein des équipes : "la planification se fait désormais de manière digitale, et les horaires de travail ont été adaptés afin que les salariés ne se croisent pas à l'embauche ni à la débauche. Les collectes s'effectuent en "monoripage" avec deux équipiers - un chauffeur et un ripeur - au lieu de trois en temps normal", ajoute Anne Leguennec, Directrice Générale de l'activité Recyclage et Valorisation des Déchets de Veolia en France.

Les solutions mises en place actuellement par des structures telles que le Syctom, en collaboration avec leurs collectivités adhérentes et les sociétés exploitantes, évoluent en fonction des positions du gouvernement sur le sujet. Le Haut Conseil de Santé Publique vient d'émettre un avis sur les conditions de sécurité sanitaire de la filière. Une avancée majeure selon l'Amorce, qui le demandait depuis le début de la crise. Ce qui pourrait aider les collectivités à maintenir l'activité de leur personnel opérationnel, sur la durée, dans les meilleures conditions.

Lorine Toumia

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