En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Emploi-Environnement

Transition énergétique : qui va impulser le mouvement au sein des organisations ?

Quatre ans après l'adoption de la loi de transition énergétique, entreprises, acteurs publics et investisseurs n'ont toujours pas les compétences pour s'y engager, révèle une étude.

Article  |  QHSE  |    
Transition énergétique : qui va impulser le mouvement au sein des organisations ?

Près de la moitié des entreprises (57 %), des collectivités territoriales (49 %) et près de trois cinquièmes des investisseurs (64 %) "ne disposent pas des compétences humaines pour mener à bien des projets de transition énergétique". C'est ce que nous apprend une étude du cabinet d'audit Mazars, publiée le 9 avril 2019, et réalisée auprès de 270 dirigeants et décisionnaires privés et publics début janvier.

74 % des entreprises dépourvues face à la transition énergétique

Pour bon nombre d'acteurs, la transition énergétique reste un concept flou. Pour 22 % des interrogés, la transition énergétique est synonyme d'"énergies renouvelables", pour 15 %, de "lutte contre le réchauffement climatique", pour 13 % d'"économies d'énergies" et pour 12 % d'"écologie". Pas facile, dans ce contexte, d'allouer des moyens humains à la question…

Sur le plan organisationnel, 54 % des acteurs publics, 74 % des entreprises et 82 % des investisseurs n'ont pas de service, ni de personne en charge de la transition énergétique.

Autre frein au déploiement des compétences spécifiques à la transition énergétique : le manque de moyens financiers. Seule la moitié des grands groupes (53 %) et un tiers des petites et moyennes entreprises (29 %) déclarent avoir des ressources financières suffisantes pour investir dans des projets de transition énergétique. Une situation qui révèle "une difficulté à sacraliser les budgets en faveur du climat", selon Mazars.

La transition énergétique n'est pas une priorité pour les investisseurs

La transition énergétique est loin d'être la priorité numéro 1 des acteurs économiques, et notamment des investisseurs. 64 % d'entre eux n'en font pas une priorité. Pour une plus grande considération de la transition énergétique dans le monde économique, Léopold Larios de Pina, directeur du service management des risques chez Mazars et administrateur de l'AMRAE défend la mise en place d'indicateurs de risques qui participeront, à termes, à une compréhension des enjeux écologiques par les organisations.

"Le nombre d'organisations disposant d'une maturité concernant l'impact des changements climatiques, les risques environnementaux et les conséquences des risques sur l'environnement, reste limité, écrit-il. Pourtant chacune de ces organisations dispose de spécialistes de la gestion des risques qui savent identifier des risques, les observer pour les quantifier puis construire des plans d'actions."

Risk managers, premiers acteurs de la transition énergétique ?

Dans cette logique, les risk managers seraient les premiers professionnels à devoir étoffer leurs compétences pour s'adapter à la transition énergétique. Dans une étude publiée en 2015, l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) listait les compétences nouvelles recherchées par les entreprises pour effectuer la transition énergétique.

Parmi elles : "la connaissance du cadre réglementaire et des différentes normes environnementales", "les logiques de l'écoconception, du recyclage et plus globalement de l'analyse du cycle de vie d'un produit", "la connaissance fine de disciplines fortement liées à la problématique de l'énergie", "la maîtrise des technologies numériques, notamment pour la conception mais aussi dans le fonctionnement même des véhicules, des bâtiments ou des réseaux énergétiques (systèmes embarqués dans l'automobile, capteurs et compteurs intelligents dans le bâtiment, smart grids dans l'énergie...)".

Elodie Buzaud.

Partagez sur…