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Emploi-Environnement

Renouvelables : les emplois français reposent sur la biomasse et les agrocarburants

La biomasse et les agrocarburants sont les premiers employeurs du secteur des renouvelables en France. Au niveau mondial, comme au niveau européen, les emplois dans l'éolien et le solaire se concentrent dans une poignée de pays.

Article  |  Energie  |    
Renouvelables : les emplois français reposent sur la biomasse et les agrocarburants

La France est le troisième employeur européen dans le secteur des énergies renouvelables. La biomasse et la production d'agrocarburants totalisent un tiers des emplois. Ce constat vaut plus globalement pour l'ensemble de l'Europe. C'est ce qui ressort du bilan annuel de l'emploi dans le secteur des énergies renouvelables publié par l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), mardi 8 mai.

A l'échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables (y compris l'hydraulique de grande taille) a créé plus de 500.000 emplois en 2017, portant le total à 10,3 millions (soit une hausse de 5,3%). La Chine, le Brésil, les Etats-Unis, l'Inde, l'Allemagne et le Japon restent les principaux acteurs du secteur, avec plus de 70% des emplois mondiaux. Le rapport montre que le photovoltaïque est le plus créateur d'emplois (3,4 millions). Il progresse de 9% sur l'année écoulée, dopé par le record d'installation de panneaux photovoltaïques enregistré en 2017. L'éolien emploie 1,15 million de travailleurs dans le monde, en légère baisse sur un an (-0,6%).

Nombre d'emplois dans les ENR par technologie © Irena
 

18.800 emplois dans l'éolien

La France totalise 107.000 emplois dans les filières renouvelables, ce qui la place en troisième position des pays européens derrière l'Allemagne (325.000 emplois) et le Royaume-Uni (118.200 emplois). Les premiers secteurs restent la biomasse et les agrocarburants avec 30.000 travailleurs chacun. Cette domination se retrouve aussi à l'échelle européenne puisque la biomasse totalise environ 389.000 emplois, en tête des secteurs devant l'éolien (344.000 emplois). "L'utilisation de la biomasse bénéficie d'un soutien politique croissant", souligne d'ailleurs l'Irena notant toutefois que "la moitié des emplois européens dans ce secteur se trouvent dans six pays seulement : l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Italie, la Pologne et la Finlande".

Le soutien de l'Union européenne aux agrocarburants pourrait se matérialiser à l'occasion de la révision des règles européennes d'incorporation dans l'essence et le diesel. Actuellement, la réglementation de l'Union européenne fixe un objectif de 7% pour 2020. Pour 2030, la Commission propose de maintenir un objectif d'incorporation des agrocarburants de 6,8% dans les carburants fossiles, mais en l'assortissant d'un plafond fixé à 3,8% pour les agrocarburants de première génération. En France, le Syndicat des énergies renouvelables et la FNSEA plaident pour un objectif d'incorporation de 15% et le relèvement à au moins 7% du plafond appliqué aux agrocarburants de première génération. Ils mettent notamment en avant "les 30.000 emplois industriels et agricoles attachés [aux] investissements" réalisés en France dans la première génération.

Le secteur éolien français est loin de faire jeu égal avec les agrocarburants, comme c'est le cas au niveau européen. Il ne totalise que 18.800 emplois en France. A l'échelle du continent, l'Irena précise que l'Allemagne (160.000 travailleurs) domine très largement le secteur, devant le Royaume-Uni (41.800), le Danemark (26.600), les Pays-Bas (21.500) et la France. En outre, avec 47% des emplois européens du secteur, l'Allemagne a créé autant de postes que les dix pays européens suivants. Au niveau mondial, la Chine est en tête avec 44% de l'ensemble des emplois mondiaux.

L'Irena ne détaille pas les chiffres de l'emploi dans le secteur photovoltaïque en France. Elle note surtout que ce secteur est plus concentré encore que l'éolien. L'Agence explique que 90% des emplois sont situés dans les cinq premiers pays du classement : Chine (65% de l'ensemble des emplois mondiaux), Japon, Etats-Unis, Inde et Bangladesh. La place de l'Europe recule encore, explique l'Irena qui pointe "les limites des marchés domestiques d'installation et le manque de compétitivité des fabricants de modules européens". Les derniers chiffres sont de 99.600 emplois en Europe, en baisse de 8%. A titre de comparaison, le Bangladesh, cinquième du classement mondial, emploie 133.000 personnes.

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