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Emploi-Environnement

Lycée professionnel : les formations en électricité à l'heure de la transition énergétique

Les métiers de l'électricité sont sous l'effet des smart technologies, des énergies renouvelables et de la quête de sobriété. Les formations doivent suivre. Exemple d'adaptation au lycée professionnel Gustave Eiffel à Ermont (95) en CAP, Bac pro et BTS.

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Lycée professionnel : les formations en électricité à l'heure de la transition énergétique

Le contexte des formations en électricité a beaucoup évolué : l'industrie, la ville, les bâtiments et les réseaux énergétiques sont devenus "intelligents". Les équipements sont connectés (gestion à distance, automatismes, domotique), les consommations sont sous contrôle (instrumentation, reporting), et de nouveaux usages émergent (production d'énergie renouvelable, autoconsommation, véhicule électrique). L'heure est à la transition énergétique et aux systèmes communicants.

Le métier d'électricien a beaucoup changé

De fait, les formations en électricité ont dû se réinventer. À titre d'exemple, depuis la rentrée 2016, la nouvelle mouture du Bac pro s'intitule MELEC pour Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés. Le corps enseignant a dû s'adapter et doit suivre les évolutions technologiques constantes du secteur.

Au lycée professionnel Gustave Eiffel à Ermont, dans le Val-d'Oise, le projet pédagogique retenu pour les élèves en électricité - CAP, Bac pro et BTS - porte sur la "ville et les bâtiments connectés". Un choix issu de plusieurs thèmes préconisés par l'Inspection académique, et une décision d'équipe motivée. "Nous nous formons continuellement pour réussir ce virage des nouvelles technologies", déclare Abdelaziz Bensefia, professeur au lycée.

Des professeurs en relation avec les entreprises

L'Éducation Nationale pourvoit à cet effort de formation avec les programmes du Cerpep, mais les enseignants du lycée ermontois bénéficient aussi du soutien de certaines entreprises, telles que Schneider Electric, Legrand, Rexel ou Wago. Le lycée d'Ermont a su tisser un réseau de relations pour s'ancrer dans les réalités du terrain et compte bien accroître cette démarche.

Les collaborations vont de prix négociés sur les équipements achetés par le lycée à des formations gratuites à l'attention des professeurs, en passant par une implication auprès des élèves : jury de soutenance, interventions, propositions de stages… Certaines entreprises vont même jusqu'à donner des équipements dernier cri, comme Vigidev, spécialiste de la sûreté et des contrôles d'accès.

Les ponts établis entre le monde de l'Éducation et celui de l'entreprise sont parfaitement assumés. "Pour notre projet de maison connectée, nous sommes en discussion avec un équipementier pour utiliser ses systèmes comme support pédagogique, en échange d'une subvention et d'une formation spécifique des professeurs", souligne Jean-Philippe De Azevedo, directeur délégué aux formations. C'est du gagnant-gagnant. Un projet high-tech pour les élèves qui les rapproche des réalités du métier, et une communication ciblée pour l'équipementier.

Les équipements de la transition énergétique au rendez-vous

Au lycée Gustave Eiffel, le plateau technique d'apprentissage est fourni : pompe à chaleur, centrale de traitement de l'air, VMC simple et double flux, chauffe-eau solaire, domotique et gestion de l'éclairage sous protocoles KNX et DALI, logiciels Autocad et Revit… les apprentissages sont au rendez-vous de la modernité. Le lycée vient même d'acquérir une borne de recharge pour véhicules électriques. "Atout supplémentaire, nos élèves sont amenés à intervenir sur les installations du gymnase de l'établissement, lui-même équipé en panneaux solaires photovoltaïques, en chauffe-eau solaire et doté d'une petite éolienne en cours d'exploitation", se réjouit Murielle Burlot, proviseure.

Sur le plan de la pédagogie, les locaux et les équipements sont mutualisés et servent à tous les niveaux de formation. Au point où les élèves sont amenés à travailler ensemble lors de certains travaux pratiques. Les BTS procèdent aux choix techniques, au dimensionnement des installations et optimisent les postes les plus énergivores. Tandis que les Bac pro réalisent les projets à partir des plans fournis par leurs aînés : installation, mise en service et paramétrage. En qualité de futurs techniciens capables d'encadrer une équipe, les Bac pro peuvent même confier certaines missions de câblage et de raccordement à des jeunes en CAP, futurs ouvriers électriciens.

Formation en électricité… un parcours et un avenir !

Pour conclure, une chose est sûre, les métiers de l'électricité recrutent fortement dans l'industrie, dans le bâtiment, tout comme dans les infrastructures. Que ce soit à Ermont ou ailleurs, les cursus CAP, Bac pro et BTS sont souvent de bons passeports pour réussir son insertion professionnelle. De plus, les passerelles pour passer du CAP au Bac pro et du Bac pro au BTS font partie des objectifs de l'Éducation Nationale… de quoi prévoir un parcours motivant.

Sébastien Trollé.

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