En tant que responsable plaidoyer de la Plateforme Océan & Climat (POC), la fonction de Gauthier, 27 ans, consiste à porter les positions que l'association défend auprès des décideurs. « Le but étant de parvenir à des décisions de politique publique qui soient en accord avec ce que promeut l'association », ajoute-t-il. Aussi, selon le cadre de gouvernance, il s'agit d'un travail d'influence auprès de décideurs locaux, nationaux, régionaux, voire internationaux, pour faire progresser les enjeux environnementaux et climatiques. « POC qui est un réseau international d'acteurs environnementaux parmi lesquels on retrouve principalement des ONG (WWF…), des représentants scientifiques (CNRS…), des fondations (Fondation Tara Océan…), des acteurs publics et privés, travaille à influencer les conventions internationales. Moi, je m'occupe du plaidoyer au niveau français et donc de cette démarche auprès de décideurs nationaux, tels que le gouvernement, les services de l'état, et les établissements publics en charge de l'environnement », détaille-il.
« Avec les ministères, les échanges se font parfois en off »
A sa fonction, Gauthier travaille sur l'élaboration des positionnements de la POC. Pour les définir, il s'appuie essentiellement sur des données scientifiques, l'actualité, les réglementations et l'expertise des membres de l'association. Une fois co-construits, ces positionnements font souvent l'objet de rapports ou de notes qu'il rédige. Vient alors le temps où il porte ce message auprès des décideurs, des médias ou dans des instances de concertation comme le Comité France Océan. « Avec les ministères, les échanges se font parfois en off, dans leur cabinet. Il s'agit alors de les sensibiliser, de négocier, de les convaincre. Puis dans un second temps de suivre l'avancée de ces négociations avec les services de l'État, les établissements publics, voire d'aller travailler à l'Assemblée nationale et au Sénat. Ces positionnements pouvant être traduits en propositions de lois ou en amendements », confie-t-il. En termes de répartition de travail, 60 % de son temps est consacré à de la prise d'information et de la rédaction. Le reste étant dédié à porter le message.
Une année de césure pour se confronter au terrain
« J'ai toujours été passionné par les sujets environnementaux et par la politique de façon générale. J'ai donc fait Sciences Po Grenoble où j'ai acquis un bachelor en action publique. Puis en troisième année, j'ai réalisé que je pouvais lier cet intérêt en exerçant un travail d'influence, de plaidoyer en ONG environnementale. J'ai alors poursuivi, toujours à Sciences Po, par un master Politiques et pratiques des organisations internationales » explique Gauthier. À l'issue de son M1, souhaitant se confronter au terrain, il a ensuite opté pour une année de césure durant laquelle il a réalisé deux stages de six mois. Le premier au sein de POC, où comme le ferait un assistant parlementaire, il collaborait avec la vice-présidente de l'association Françoise Gaill, en appui à la coordination scientifique. Puis au sein de Future Earth, un réseau mondial de scientifiques au service de la planète où, dans le cadre d'un travail de recherche, il s'est penché sur l'objectif 14 de l'ONU qui vise à la conservation durable des océans.
« Travailler son oral, être curieux et respecter le ton de l'association »
« Au terme de cette année de césure, j'ai réalisé que si je maitrisais bien les sujets politiques, ce n'était pas nécessairement le cas pour les questions environnementales. J'ai alors intégré un master 2 Gouvernance de la transition, écologie et sociétés à AgroParisTech, en parallèle de mon master entamé à Sciences Po ». Une double compétence qui lui a permis d'accéder à la fonction de responsable plaidoyer au sein de la POC. « Si je devais donner un conseil à quelqu'un qui envisagerait d'exercer ma fonction, c'est en premier lieu de travailler son oral. Mais aussi d'être curieux car cela demande de suivre l'actualité politique, scientifique. Enfin, l'une des difficultés de ce métier est de ne pas confondre ses convictions personnelles et celles de l'entité que l'on représente, même si elles sont intimement liées. On prend position au nom de l'association et non en son nom. Il faut donc toujours faire attention à respecter le ton de l'association et ses positionnements » conclut-il. À bon entendeur…

Actu-Environnement















