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La Fédération des services Énergie Environnement : « nous devons doubler nos effectifs d'ici à 2030 ! »

La FEDENE, l'organisation professionnelle des services énergétiques, publie pour la première fois les chiffres clés du secteur, Pascal Guillaume le président de la FEDENE, nous en livre le pouls.

Article  |  Energie  |    
La Fédération des services Énergie Environnement : « nous devons doubler nos effectifs d'ici à 2030 ! »

Emploi-Environnement : Pouvez-vous nous présenter la vocation de vos métiers ?

Pascal Guillaume : Nos métiers sont véritablement au cœur de la transition énergétique. Nous intervenons dans 60 à 70 % des bâtiments tertiaires et des logements collectifs. Nos membres regroupent des grandes entreprises, des PME et de très petites entreprises, qui représentent d'ailleurs 56 % de notre organisation. Ces acteurs agissent autour de deux grandes thématiques.

Premièrement, la réduction des consommations d'énergie dans des structures comme les écoles, les musées, les hôpitaux, les universités ou les logements collectifs mais aussi l'industrie, grâce à des activités centrées sur la sobriété et l'efficacité énergétique. Deuxièmement, la décarbonation de la chaleur, un enjeu de taille puisqu'elle représente 43 % de la consommation énergétique totale en France, soit le poste le plus important.

Quand on parle de réussir la transition énergétique, on insiste souvent sur les moyens nécessaires : soutien financier, réglementations et cadre législatif. Cependant, pour nous, l'un des leviers essentiels reste l'attraction des talents, hommes et femmes, vers nos métiers.

EE : Pouvez-vous nous livrer une photographie du secteur ?

PG : Aujourd'hui, nous fédérons 1 500 établissements et entreprises répartis sur l'ensemble du territoire. Notre secteur emploie plus de 40 000 collaborateurs, dont 98 % travaillent à temps plein. Parmi eux, 15 % sont des femmes, et 38 % de ces dernières occupent des postes de cadres, souvent dans des métiers à dominante technique.

D'ici 2030, nous avons l'ambition de doubler nos effectifs. Pour cela, il est crucial de mieux faire connaître nos métiers, qui, lorsqu'ils attirent, fidélisent : la moitié de nos salariés ont plus de 10 ans d'ancienneté. Chaque année, nous recrutons environ 5 500 collaborateurs. Depuis 2017, nos effectifs ont augmenté de 8 %, et ce, malgré le fait que plus de 60 % des postes techniques nécessitent plus de trois mois avant d'être pourvus.

EE : Quels sont les métiers sur lesquels vous rencontrez des difficultés de recrutement ?

PG : Comme dans de nombreux secteurs, les métiers à dominante technique sont ceux pour lesquels nous avons le plus de difficultés de recrutement. Parmi eux, on trouve notamment : le technicien d'exploitation, le technicien de maintenance et le frigoriste.

Nous recrutons principalement du niveau bac professionnel à bac+2, partout en France. Ces métiers sont évolutifs : par exemple, un technicien de maintenance ou d'exploitation peut accéder à des fonctions d'encadrement, comme celles de responsable d'agence.

En outre, nous disposons de notre propre CFA (Centre de Formation des Apprentis), situé en Île-de-France, à Alfortville, où près de 150 apprentis sont formés chaque année. L'objectif est de développer des formations progressivement dans tout l'Hexagone grâce à des partenariats avec d'autres centres en région. Aujourd'hui, près d'un quart de nos recrutements concerne des jeunes de moins de 26 ans. Entre 2022 et 2023, nous avons enregistré une augmentation de 9 % des contrats d'apprentissage et de 16 % des contrats de professionnalisation.

EE : Les diplômes existants (CAP, Bac Pro, BTS…) évoluent-ils pour tenir compte des enjeux de la transition écologique ?

PG : Absolument. Nous sommes membres de plusieurs Commissions professionnelles consultatives (CPC). Cela nous permet d'exprimer nos besoins en matière de contenus pédagogiques, tant sur les aspects techniques que technologiques et réglementaires, pour répondre aux exigences de la transition écologique.

Par exemple, le bac pro Technicien de maintenance des systèmes énergétiques et climatiques (TEMSEC) a été actualisé et renommé bac pro Maintenance et efficacité énergétique (MEE). Les diplômes étant révisés tous les cinq ans, nous participons activement à ce processus, en temps donné, pour qu'ils restent adaptés aux besoins de notre secteur.

EE : Comment comptez-vous doubler vos effectifs d'ici à 2030 ?

PG : Pour attirer les jeunes, nous avons créé un ensemble d'outils avec l'aide de notre OPCO (OPCO2I) : nous avons notamment mis en place des sites dédiés aux compétences et aux métiers de notre secteur. Le site metierspleinsdenergie.fr permet d'identifier les compétences nécessaires pour accéder à un emploi et de trouver les organismes de formation adaptés et le site www.competencesenergies.com recense plus de 15 000 offres d'emploi chaque jour pour le secteur.

Nous développons également des jeux en ligne, accessibles lors des salons professionnels mais aussi dans les écoles. Par ailleurs, nos Groupements Régionaux au travers de leur Groupe de Travail RH collaborent avec les acteurs locaux de l'orientation de l'emploi et de la formation pour promouvoir, former et recruter au sein des territoires.

Enfin, nous recrutons non seulement des jeunes et des personnes expérimentées, mais aussi des individus en réinsertion professionnelle grâce au dispositif Préparation opérationnelle à l'emploi individuelle (POEI). Ce programme, qui rassemble en moyenne une douzaine d'apprenants par session, peut aller jusqu'à 600 heures. Il permet de compléter une formation de base pour s'orienter vers nos métiers. Ces initiatives constituent quelques exemples de nos efforts pour répondre à la demande croissante dans notre secteur.

 
 
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