En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Emploi-Environnement

Orientation & carrière Environnement

Anticiper les mutations professionnelles engendrées par les transitions écologique et énergétique

Le Réseau Action Climat et la CFTC appellent le Gouvernement à mettre en oeuvre le plan de programmation de l'emploi et des compétences sur les territoires, prévu par la loi de transition énergétique, afin d'anticiper les reconversions des salariés.

Economie  |    

Le syndicat CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) et le Réseau Action Climat (RAC) interpellent le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot et la ministre du Travail Muriel Pénicaud pour anticiper et sécuriser les besoins en compétences et reconversions professionnelles induites par les mutations environnementales et énergétiques. "Une transition écologique juste socialement est possible. Elle requiert cependant un certain nombre de pré-requis, dont le premier concerne les modalités de reconversion des secteurs et des salariés qui devront nécessairement voir leurs métiers profondément évoluer".

Muriel Pénicaud a confirmé le 14 juin un investissement de 15 milliards d'euros sur cinq ans pour renforcer les dispositifs de formation professionnelle. Ce plan d'investissement avait été promis par Emmanuel Macron dans son programme de campagne, en parallèle d'un plan de 15 milliards d'euros pour la transition écologique "y compris en accompagnant, comme à Fessenheim, les territoires". Il avait assuré qu'il serait attentif aux 2.000 emplois impactés par la fermeture de la doyenne des centrales quand l'EPR de Flamanville sera mis en service d'ici avril 2020, selon le décret d'avril dernier pris par l'ex-ministre de l'Environnement.

Des créations d'emplois à la clé

Si les mutations environnementales peuvent impacter certains secteurs d'activités et conduire à des pertes d'emplois, "en étant accompagnée, pensée et préparée, la transition écologique sera créatrice nette d'emplois",rappellent la CFTC et le RAC. La fermeture de Fessenheim "n'entraîne aucune suppression d'emplois par EDF car un vaste chantier industriel de démantèlement va pouvoir démarrer", avait assuré l'ancienne ministre Ségolène Royal. Energies renouvelables, rénovation thermique des logements, tri et recyclage des déchets, biomasse, transports propres, chimie verte… La loi sur la transition énergétique d'août 2015 vise la création de 100.000 emplois d'ici à 2020 dans ces secteurs. En janvier dernier, l'association négaWatt a publié son scénario permettant de parvenir à un mix énergétique 100% renouvelable en 2050. 400.000 emplois nets pourraient être crées d'ici à 2030, selon négaWatt.

Certains secteurs, comme celui de l'automobile, seront impactés par les politiques de la transition écologique et de la lutte contre la pollution d'air, "mais en même temps de nouveaux marchés s'ouvrent avec des véhicules électriques et des services d'auto-partage", ajoutent le syndicat et l'ONG. De même, la restauration des cours d'eau et des sols, la préservation des écosystèmes dans les projets d'infrastructures sont autant d'activités relevant de la filière du génie écologique, en développement en France. Ces opérations visent à répondre aux objectifs fixés par les réglementations française et européenne notamment en matière de gestion de l'eau (bon état écologique) et préservation de la biodiversité (loi biodiversité d'août 2016)

Anticiper les besoins par bassin d'emploi et par filière

La CFTC et le Réseau Action Climat publient plusieurs recommandations pour une meilleure coordination des politiques des acteurs de la formation professionnelle et de la transition écologique. "Il faut anticiper et accompagner les transitions et les mutations professionnelles à l'échelle d'un territoire, d'un secteur d'activité, d'un site industriel et à l'échelle individuelle" et "à long terme".

Trouver une offre de formations adaptée aux nouvelles qualifications demandées par la transition écologique "est une des clés de réussite. Il faut identifier des secteurs fragilisés par les politiques de la transition écologique et accompagner les salariés concernés vers des nouveaux métiers de qualité dès maintenant", a déclaré Meike Fink, chargée de mission "Transition climatique juste" au RAC. Elle plaide pour l'instauration d'un fonds qui assurera le maintien des droits des salariés en reconversion des secteurs fragilisés.

La loi de transition énergétique prévoit que l'Etat élabore, en concertation avec les organisations syndicales de salariés, les organisations représentatives des employeurs et les collectivités territoriales, un plan de programmation de l'emploi et des compétences tenant compte des orientations fixées par la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Ce plan doit inciter "l'ensemble des acteurs au niveau régional à mesurer et à structurer l'anticipation des évolutions sur l'emploi et les compétences induites par la mise en œuvre des schémas régionaux du climat, de l'air et de l'énergie et des plans climat-air-énergie territoriaux", rappellent le syndicat et l'ONG qui demandent au Gouvernement de mettre en œuvre ce plan.

Ils appellent aussi à lancer un grand chantier d'analyse nationale des branches professionnelles, métiers et composition des compétences face aux transformations liées à la transition écologique. "Afin de pouvoir mettre en valeur les formations professionnelles qui mènent vers des métiers verts ou verdissants, il faut qu'elles soient clairement identifiées par les commissions nationales paritaires pour l'emploi de chaque branche professionnelle, les organismes paritaires collecteurs agréés de branche et interprofessionnel (OPCA), les organismes paritaires agréés au titre du congé individuel de formation (OPACIF) et le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP) pour le champ interprofessionnel."

Des outils "fédérateurs" comme la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) territorialisée, pour conduire des démarches coordonnées d'entreprises et d'acteurs locaux, ont "montré leur intérêt", soulignent également le RAC et la CFTC. "Pour devenir un outil de gestion des reconversions dans le cadre de la transition écologique, la GPEC, à l'échelle de l'entreprise, d'un territoire ou d'une branche, doit intégrer davantage la question des risques climatiques, les défis de la transition écologique dans une vision à moyen et long terme", estiment-ils.