Emploi-Environnement : Quelle est la mission d'un économe de flux ?
Hortense Fournel : L'économe de flux a pour mission de mettre en œuvre la politique énergétique et environnementale des bâtiments rattachés aux collectivités. Il propose des recommandations très concrètes pour répondre aux enjeux réglementaires, tout en permettant des économies d'énergie et financières, contribuant ainsi à la préservation du patrimoine de la collectivité.
À court terme, afin de bien connaître le patrimoine et les usages, il suit les consommations, analyse les factures énergétiques et les contrats, puis délivre des conseils. Il peut sensibiliser les usagers aux actions de sobriété et initier des petits travaux pour obtenir des gains rapides.
À long terme, il met en place une stratégie globale à l'échelle de l'ensemble du patrimoine, en vue d'engager des travaux de rénovation énergétique plus importants. Dans ce cadre, il intervient à toutes les phases, que ce soit en amont pour l'analyse des besoins, dans l'élaboration des plans financiers, la passation de marchés publics, ou l'accompagnement des travaux. À la réception des travaux, il vérifie qu'il n'y a pas d'écart par rapport aux prévisions initiales et propose, le cas échéant, des actions correctives.
EE : Sur quoi intervient-il et pour qui ?
HF : Les économes de flux interviennent sur tous les bâtiments publics tertiaires : mairies, écoles, salles des fêtes, gymnases, piscines… C'est pourquoi ils doivent avoir de bonnes compétences en communication et être capables de créer de l'émulation entre les différents services des collectivités. Leur rôle est pivot, ils doivent mobiliser les services en charge des bâtiments, du patrimoine, de la culture, de l'urbanisme, selon le projet.
Ils sont employés par les collectivités territoriales, de manière mutualisée ou internalisée, et peuvent travailler pour des communes ou des Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) : communautés de communes, communautés d'agglomération… Certains travaillent dans des Sociétés publiques locales (SPL), des Syndicats d'énergie (SDE), des Agences locales de l'énergie et du climat (ALEC), ou des Agences régionales de l'énergie et du climat (AREC). Quelques économes de flux sont également embauchés par des conseils départementaux ou régionaux pour la gestion de leur propre patrimoine.
EE : Quel est leur profil ?
HF : Il n'y a pas de formation type. La plupart des économes de flux sont issus de formations d'ingénieur généraliste. Quelques-uns sont spécialisés dans les énergies renouvelables ou dans le bâtiment, avec des filières liées à l'efficacité énergétique. Certains profils proviennent de formations Bac+2 ou Bac+3, avec des DUT ou Licences centrés sur le bâtiment et le développement des énergies renouvelables.
Pour postuler sur un poste d'économe de flux, il n'est pas nécessaire de passer un concours, car ce sont les collectivités territoriales qui recrutent directement, aussi bien des cadres que des contractuels. Pour pérenniser un poste, nous encourageons les collectivités à faire passer à leurs contractuelles le concours de la fonction publique territoriale. Nous leur accordons un soutien financier via des subventions couvrant jusqu'à 65 % du salaire pour un titulaire au lieu de 40 % en CDD de façon à accompagner la pérennisation de ces postes et des missions portées dans les territoires.
Une fois en poste, nous offrons un ensemble de formations, via le dispositif Campus ACTEE, partout en France. Ces formations couvrent aussi bien des domaines techniques que juridiques et financiers. Aujourd'hui, la France compte environ 1 000 économes de flux ou équivalent, mais nous espérons doubler ce chiffre d'ici 2027.

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