Le secteur des déchets et de la propreté urbaine traverse une phase de mutation majeure. Des évolutions réglementaires, telles que la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), imposent des ajustements logistiques et opérationnels significatifs. Ces ajustements touchent particulièrement les filières à Responsabilité élargie du producteur (REP), qui doivent désormais traiter et prévenir les déchets en s'occupant de tout le cycle de vie des produits. Les avancées technologiques, comme l'automatisation des processus de tri et l'utilisation de capteurs intelligents pour surveiller les niveaux de remplissage des conteneurs, révolutionnent également le secteur.
Prospective des métiers : évolution et répartition des emplois dans la branche
Une nouvelle cartographie prospective des métiers, organisée en trois filières, intègre les évolutions actuelles et futures du secteur. La filière exploitation englobe la collecte, la valorisation, le traitement et le nettoiement urbain. La filière maintenance regroupe des métiers comme agent d'entretien maintenance et conducteur d'installation. Enfin, la filière études/développement, administration/gestion et data réunit des attachés d'exploitation, des techniciens d'études… La branche emploie au total 56 932 personnes, dont six métiers représentent 56 % des effectifs, soit 31 875 salariés. Quels sont-ils ? Conducteur matériel roulant de collecte (14 790), équipier de collecte (8 251), conducteur d'engin (3 223), agent de réception (2 013), agent de centre de tri (1 836) et technicien de maintenance (1 762). Selon trois scénarios possibles d'ici 2030, ces effectifs pourraient augmenter de 2 % ou diminuer de 2 à 14 % en fonction des objectifs de la loi AGEC, qui vise une réduction de 15 % du volume des déchets grâce à des pratiques de développement durable.
Émergence de nouveaux métiers pour faciliter l'économie circulaire
De nouveaux métiers devraient émerger pour soutenir l'économie circulaire. L'éco-ambassadeur sera chargé de communiquer sur la politique de gestion des déchets de la collectivité. Le diagnostiqueur de produits, matériaux et déchets fournira des informations pour le réemploi des équipements. Le technicien valoriste du réemploi contribuera à prolonger la vie des produits et à réduire la consommation de ressources naturelles. D'autres métiers comme maître-composteur, chargé de recherche et développement déchets, ordonnanceur logistique, data analyst et data scientist joueront également un rôle crucial.
Renforcement de la formation pour répondre aux défis de la gestion durable des déchets
Investir dans les métiers émergents et élargir l'offre de formation sont essentiels pour répondre aux défis futurs. D'ailleurs, l'étude souligne l'importance de renforcer la compétitivité, d'attirer de nouveaux talents et d'adapter les compétences aux évolutions du marché pour une gestion durable des déchets. En matière de formation, l'analyse montre une offre satisfaisante pour les métiers qualifiés, mais insuffisante pour les métiers élémentaires comme celui d'équipier de collecte. Aussi, pour préparer la branche aux évolutions, plusieurs actions sont proposées : création de certificats de qualification professionnelle (CQP) pour les métiers en tension, communication renforcée sur les métiers de demain et les formations y menant, sécurisation des parcours professionnels et formations sur les compétences digitales de base. De quoi être en cohérence avec l'avenir du secteur dont l'économie circulaire est devenu le sacerdoce.

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