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Emploi-Environnement

Biogaz : de nombreux recrutements suspendus à la PPE

La file d'attente des projets de méthanisation s'allonge. S'ils se concrétisent, la filière aura besoin de spécialistes d'ici peu pour construire, piloter et entretenir ces nouvelles installations. Explications avec Grégory Lannou (Biogaz Vallée).

Reportage vidéo  |  Energie  |    

Le nombre de projets inscrits sur la file d'attente des projets d'injection de biométhane ne faiblit pas. L'an dernier, une centaine d'installations ont été construites (plus 80 unités en cogénération).

Ces unités viennent s'ajouter aux 788 unités de méthanisation en fonctionnement*. Elles provoquent un besoin en main d'œuvre dans les entreprises de la filière.

Cette tendance devrait s'accentuer cette année, selon Grégory Lannou, directeur de Biogaz Vallée, le cluster de la méthanisation qui regroupe 76 membres (dont Engie, GRDF, Sewerin, Gaseo, etc.). "Avec le nombre de projets qui sortent et qui sont dans les cartons, nous aurons une dynamique d'emplois forte en 2019", prévoit-il.

Besoins accrus dans le traitement du gaz et le suivi d'exploitation

Les entreprises qui recrutent sont "les entreprises positionnées sur le traitement du gaz et le suivi d'exploitation", indique Grégory Lannou. Sans surprise, les profils les plus recherchés dans le biogaz sont "les ingénieurs procédés de biogaz - en bureau d'études, chez un développeur ou un constructeur -, les responsables d'exploitation de site de méthanisation et les techniciens maintenance, détaille Jean-Philippe Burtin, directeur général du cabinet de recrutement Borea. Les profils recherchés sont à 70 % des ingénieurs et des profils Bac + 2, Bac + 3, en IUT maintenance pour les postes de techniciens."

JP Burtin détaille les profils les plus recherchés dans le biogaz (1'46'')
 

Des projets soumis à la Programmation pluriannuelle de l'Énergie (PPE)

Cette dynamique de recrutement est cependant soumise à condition. Le projet de PPE dévoilé le 25 janvier revoit à la baisse les objectifs de développement du biogaz. Celui-ci devra fournir 7 % de la consommation de gaz en France en 2030. La loi de transition écologique fixait 10 %. La filière gazière en espérait 30 %.

"Si sont maintenus les objectifs à la baisse et la réduction des coûts tels que prévus dans le projet actuel, le nombre de projets va chuter, certains projets en file d'attente pourraient ne pas voir le jour et l'emploi dans la filière pourrait stagner voire reculer”, prévient Arnaud Diara, chargé de missions pour l'ATEE - Club Biogaz. A ce stade, la filière a encore besoin d'aides publiques pour poursuivre son développement.

En attendant la version finale de la PPE, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation vient de dévoiler la création d'une nouveau certificat de spécialisation en méthanisation. Une formation qui répond au besoin de main d'oeuvre qualifiée de la filière.

*Source : Club Biogaz.

Elodie Buzaud.

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