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Emploi-Environnement

L'ANC mise sur sa professionnalisation pour monter en gamme

En assurant un saut qualitatif à la filière ANC, le secteur pourrait créer 7.500 emplois qualifiés. Le syndicat IFAA contribue à la professionnalisation de l'Assainissement Non Collectif. Le point sur les actions en cours.

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L'ANC mise sur sa professionnalisation pour monter en gamme

La filière de l'Assainissement Non Collectif (ANC) évolue. L'Institut national de Recherche en Sciences et Technologies pour l'Environnement et l'Agriculture (IRSTEA) avait mis en cause la qualité des installations d'assainissement autonome, dans une étude parue fin 2017.

En analysant la qualité des eaux usées traitées par les dispositifs d'ANC de près de 250 installations, l'étude avait estimé que, sur 21 dispositifs qualifiés, seuls 5 satisfaisaient aux seuils de référence “qualité de l'eau”.

Si l'étude a pu être contestée dans sa méthodologie, les professionnels de l'ANC conviennent de pistes d'amélioration. L'IFAA, le principal syndicat professionnel de la filière, entreprend plusieurs axes de travail, qui visent à renforcer la qualité des installations et du service de maintenance. Avec des implications notables en termes de formation et de création d'emplois.

Professionnaliser la filière ANC et créer des emplois qualifiés

Parmi les pistes envisagées : généraliser les études à la conception des projets sur l'aptitude du sol à évacuer les eaux usées traitées. Ce préalable aux travaux d'installation implique des ingénieurs spécialistes du sol, notamment pédologues et hydrogéologues, dans des bureaux d'études spécialisés : 1 emploi salarié annuel est créé pour 300 études d'implantation réalisées, selon la profession.

En outre, le syndicat mise sur la mise en place, prévue cette année, d'un nouveau label qualité, à destination des fabricants. Il s'agit du label AQUAPLUS ANC, qui vise à apporter des garanties sur les produits et le service associé, explique Jérémie Steininger, secrétaire général de l'IFAA. Parmi les avancées, les installations labellisées devront dispenser l'usager de vidange au cours de la 1ère année.

Les contrats d'entretien, parents pauvres des investissements

Autre axe de travail retenu par le syndicat : développer les contrats d'entretien des installations ANC. L'enjeu est de favoriser un service spécialisé de proximité qui mesure la qualité des rejets et entretient les équipements en conséquence. La marge de progression est forte : “Aujourd'hui, 20% seulement du parc ANC fait l'objet d'un contrat d'entretien”, note M. Steininger. À la clef, des emplois non délocalisables au sein des territoires.

Pour leur part, les missions de contrôle accomplies par les Services Publics d'Assainissement Non Collectif (SPANC), génèrent, elles aussi, des emplois locaux : un fonctionnaire réalise en moyenne 2 contrôles d'ANC par jour, pour valider les conformités réglementaires.

Les chantiers d'ANC, très pourvoyeurs d'emplois

Du côté de l'installation, activité la plus pourvoyeuse d'emplois, la professionnalisation doit gagner du terrain. “Très peu d'entreprises sont spécialisées dans l'ANC. La plupart des chantiers sont assurés par des artisans généralistes : terrassiers, maçons, paysagistes…. Pourtant, un chantier d'assainissement autonome requiert un savoir-faire spécifique”, relève Jérémie Steininger. Le syndicat entend actualiser les référentiels de la formation spécialisée et valoriser les bonnes pratiques.

D'une durée de 2 à 3 jours, le chantier d'assainissement autonome passe par plusieurs phases clés : préparation de l'excavation • pose de la fosse septique, en pente de 0,5% à 1% vers le système d'épandage • terrassement de la fouille d'épandage • raccordement de la fosse au regard de répartition • remblaiement du système d'assainissement. En termes d'emploi, un chantier d'ANC crée 2 postes de terrain et l'équivalent d'un poste pour l'administratif, les devis et le suivi.

7.500 emplois supplémentaires grâce à un saut qualitatif de l'ANC

Par ailleurs, l'IFAA alerte sur l'obsolescence des équipements d'ANC. Face à des installations qui vieillissent - leur durée de vie est de l'ordre de 20 ans - le syndicat préconise de multiplier par 5 le taux de renouvellement du parc d'assainissement, actuellement “balbutiant à moins de 40.000”.

À terme, le renouvellement des installations et la professionnalisation de la filière généreraient un gain de +40% d'emplois. Selon le syndicat de la profession, les 7.500 postes supplémentaires à créer se répartiraient à tous les niveaux de la filière : 500 emplois industriels ou commerciaux • 650 emplois dans les bureaux d'études • 6.000 emplois chez les installateurs • 500 emplois dans les collectivités, liés au contrôle.

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