Emploi-environnement : À quelles demandes répond le master Droit de l'environnement qui ouvrira l'année prochaine au sein de l'université de Rennes ?
Isabelle Michallet : À Rennes, nous avons un laboratoire CNRS qui s'appelle l'IODE pour Institut de l'Ouest : Droit et Europe, avec un nombre substantiel de chercheuses en droit de l'environnement. En lien direct avec nos partenaires que sont les acteurs du territoire, qu'ils soient publics ou privés, nous avons ainsi identifié d'importants besoins sur des profils de juristes spécialisés en droit de l'environnement. Parallèlement, l'attente était forte du côté des étudiants. De plus, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui décide de la liste des mentions qui abritent les parcours de masters, a récemment créé la mention Droit de l'environnement. Nous avons donc profité de ce changement qui facilitait sa construction afin de demander une accréditation que nous avons obtenue. Actuellement, nous travaillons donc avec les acteurs concernés par ces besoins et les chercheurs de l'IODE à l'élaboration de ce master qui verra le jour à la rentrée prochaine.
EE : À qui est-il accessible et qu'apprendront les étudiants ?
IM : Ce master est accessible à tous les titulaires d'une licence en droit. 25 places sont actuellement ouvertes. La question environnementale intervenant dans toutes les sphères, nous nous sommes affranchis des subdivisions traditionnelles droit privé/droit public pour les réunir dans cette formation. Cela ouvre à nos étudiants des possibilités professionnelles diversifiées puisqu'ils peuvent évoluer soit dans des entreprises, des collectivités territoriales ou des ONG. Aussi, dès la première année (M1), ce qui n'est pas toujours le cas dans les masters en droit, la question phare de la mention, à savoir le droit de l'environnement sera traité. Le M1 abordera ainsi les fondamentaux du droit de l'environnement qu'il s'agisse du droit français, européen ou international. Il traitera également de la RSE, en droit des sociétés, et de ses pratiques par le biais d'exemples concrets développés en entreprise. Autre volonté forte : l'insertion, avec l'ambition en deuxième année (M2) d'avoir un maximum d'étudiants formés en alternance. Aussi dès le M1, les étudiants bénéficieront de tous les outils nécessaires pour trouver l'entreprise à même de les accueillir et d'être opérationnels en M2.
EE : Une fois leur master 2 en poche, à quoi pourront-ils prétendre ?
IM : Ils pourront prétendre au titre de juriste en droit de l'environnement. C'est la dénomination globale de quelqu'un qui a obtenu un master en la matière. Ce n'est pas un métier mais une compétence qui peut les conduire à être spécialisés en droit de l'eau, en droit des déchets, en droit du changement climatique, de la pollution de l'air, du bruit, de la protection de la biodiversité… Toutes ces possibilités existent, tout comme être un environnementaliste généraliste, selon son lieu d'exercice. Un juriste en droit de l'environnement a un rôle de conseil. Il désamorce notamment en amont les éventuels conflits, en s'assurant que l'entité dans laquelle il évolue est bien en conformité avec les différentes réglementations. Sur le terrain et selon les situations, il peut par exemple travailler en collaboration avec des ingénieurs, pour s'assurer de la légalité de l'implantation d'un parc éolien. Aussi, un juriste en droit de l'environnement doit être certes rigoureux et organisé, mais aussi en capacité de vulgariser l'information auprès des non-juristes. Enfin avec ce diplôme, il peut également devenir avocat ou passer le concours de la magistrature.

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