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Emploi-Environnement

Présidentielles : une campagne pour mener de front transitions écologique et sociale

Syndicats et associations lancent une campagne pour conjuguer lutte contre le changement climatique et lutte contre le chômage. Un million d'emplois pourront être créés si la transition est anticipée et accompagnée.

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"Il n'y a pas d'emplois sur une planète morte". Ces mots, martelés par Maxime Combes, économiste d'Attac, plantent le décor. Le mouvement altermondialiste lance, avec le Réseau action climat (RAC), les syndicats FSU, Solidaires, la Confédération paysanne, le collectif Roosevelt et la fondation politique Heinrich Böll Stitftung France, une campagne pour conjuguer lutte contre le changement climatique et contre le chômage. Selon eux, la transition écologique doit aussi être sociale. La protection du climat pourrait créer 1 million d'emplois si elle est bien organisée.

Pour cela, il faut que le changement soit anticipé et accompagné. "Il est urgent que les pouvoirs publics fassent en sorte qu'il n'y ait pas de chômeurs climatiques, souligne Maxime Combes. Quand on oublie les mesures liées à la transition écologique, les résistances sont nombreuses. On le voit avec la question de la fermeture des centrales à charbon". L'opposition à la fermeture de la centrale de Fessenheim se place également sur le terrain de l'emploi et de l'activité économique sur ce bassin. C'est pourquoi des acteurs qui parfois s'opposent (syndicats et associations) ont décidé de s'allier pour défendre une transition en douceur et une lutte contre le changement climatique créatrice d'emploi.

Accompagner les salariés face au changeemnt

Abordées lors du débat national sur l'énergie et de plusieurs conférences environnementales, les questions de l'emploi et des transitions professionnelles ont été inscrites dans la loi relative à la transition énergétique. Car si la transition énergétique est créatrice d'emplois dans les énergies renouvelables et la rénovation notamment, elle va être destructrice d'emplois dans certains secteurs, comme les raffineries, les centrales au charbon ou l'industrie manufacturière.

"D'autres secteurs devront se transformer, comme le secteur automobile ou l'agriculture industrielle intensive", note le collectif. "Nous avons besoin de nous adresser aux salariés des secteurs menacés, on ne peut pas penser la transition énergétique si on les laisse de côté", analyse Julien Rivoire, de FSU. Selon lui, "les formations existent, en nombre insuffisant, mais les infrastructures sont là. Il y a un déficit de réflexion sur la transition écologique dans l'éducation nationale. Et un angle mort : celui de la prise en charge des salariés en formation", indique Julien Rivoire.

Mais les choses bougent. L'article 180 de la loi prévoit que "les politiques d'emploi et le dialogue social, tant au niveau des branches professionnelles que des entreprises, consacrent une attention particulière à l'accompagnement des transitions professionnelles afférentes à la transition écologique et énergétique". Il indique que l'enseignement supérieur devra être vigilant aux nouveaux besoins de compétences et à l'adaptation des formations supérieures. La formation continue doit elle aussi permettre d'organiser les transitions professionnelles. "La réforme de la formation professionnelle va dans le bon sens", estime Meike Fink, du RAC.

La loi prévoit également une planification à l'échelle territoriale, afin d'évaluer "les besoins d'évolution en matière d'emploi et de compétences sur les territoires et dans les secteurs professionnels au regard de la transition écologique et énergétique".

Créer des emplois utiles à la collectivité

Le cadre existe, "y a plus qu'à"… Le collectif donne des pistes pour accélérer les choses. Ainsi, le projet expérimental "territoires à zéro chômeur de longue durée" permettrait de proposer aux chômeurs un emploi en CDI au Smic, adapté à ses compétences et aux besoins des territoires. Financé par la réorientation des assurances chômage, ce dispositif ne rentrerait pas en compétition avec les entreprises du bassin d'emploi car les activités seraient "en supplément".

Des emplois pourraient être créés dans l'éducation à l'environnement et l'accompagnement des personnes en difficulté (précarité énergétique). "Le métier des assistantes sociales, en intégrant ces questions, participe à la transition écologique", note le collectif. "Il s'agit également de transformer des activités utiles au niveau social et écologique mais "non rentables économiquement" en emplois pérennes et de qualité" : valorisation du compost, recyclage des matériaux de déconstruction, réparation du petit électroménager…

Le collectif propose aussi de créer 250.000 emplois aidés sur des postes d'animateurs de la transition écologique dans les territoires, 100.000 emplois dans le secteur public pour participer notamment à l'élaboration des plans climat air énergie territoriaux… Enfin, pour créer des emplois dans la rénovation, les énergies renouvelables ou la mobilité douce, le collectif recommande de conditionner les aides publiques à la création d'emplois.