Accompagner les personnes en grande précarité tant sur un plan social que technique dans la rénovation énergétique de leur logement telle est la mission de l'accompagnateur ensemblier solidaire. « L'idée est de guider la famille de A à Z. Une démarche qui va de l'analyse des besoins à la budgétisation du projet en passant par la recherche de financements auprès de l'Anah mais aussi via des fonds du type Fondation Abbé Pierre, des dons de protection sociale, des collectivités… », explique Gilles Berhault, délégué général de l'association Stop exclusion énergétique
« Le rôle de l'accompagnateur ensemblier solidaire consiste également à contacter les artisans, à les faire collaborer en organisant leurs interventions mais aussi à trouver des solutions d'hébergement lorsque les familles doivent quitter leur logement le temps des travaux. Enfin, il est également présent à la fin de la rénovation pour délivrer des éco-conseils et leur apprendre à gérer le nouveau système de chauffage… », complète l'association Stop exclusion énergétique à laquelle sont associés le Secours Catholique, Hellio, Soliha, l'AFPA… Et une soixantaine de partenaires. Un collectif qui est à l'origine de la première formation relative au métier d'accompagnateur ensemblier solidaire dont 8 sessions ont été programmées à Bordeaux, Paris, Valence, Besançon, Rennes, Lille.
Une formation accessible aux acteurs du social
« Trois années ont été nécessaires pour créer un vrai référentiel de compétences autour de cette formation. Le programme pédagogique transversal centré sur l'humain a été établi par des professionnels experts dans le social, le bâtiment, la rénovation énergétique à l'instar de l'Institut NégaWatt, du réseau Éco Habitat, des Compagnons Bâtisseurs… », précise Gilles Berhault. D'une durée de 105 heures, soit de 15 jours de formation répartis sur 4 semaines autour de 12 modules, cette formation ne concerne pour l'heure que les professionnels du social. « A ce jour les personnes qui suivent ce cursus sont soit en contact avec des familles en difficulté, soit évoluent dans une collectivité locale ou une association qui les accompagne sans avoir pour autant les compétences relatives à la réhabilitation des habitations » ajoute Gille Berhault. Parmi les savoir-faire qu'elles auront acquis au terme du programme : qualifier les bénéficiaires en fonction de leur situation globale, mobiliser les financements adaptés, préparer et suivre les travaux… Un dispositif qui vise à former 320 personnes avant d'aboutir à un projet plus ambitieux : escorter à partir de 2026, 1000 personnes par an vers le métier d'accompagnateur ensemblier solidaire.
« Nous travaillons sur la création d'une autre formation reconnues RNCP »
« Pour accélérer la démarche, nous travaillons actuellement sur la création d'une autre formation, plus conséquente de plus de 1000 heures qui professionnalisera davantage le métier. Nous la construisons en adéquation avec les attendus du RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) afin d'en faire un diplôme reconnu qui sera probablement accessible, après l'acquisition d'un bac+3 dans le bâtiment ou dans le social », explicite Gille Berhault. Un projet qui devrait aboutir d'ici 2 ou 3 ans. À ce jour, les accompagnateurs ensembliers solidaires évoluent dans des entreprises de l'ESS (Économie sociale et solidaire) des associations et des collectivités locales. L'association Stop exclusion énergétique estime qu'il faudrait former 11 500 accompagnateurs d'ici 2030 pour aider les ménages concernés.

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