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Emploi-Environnement

Le BTP face à une pénurie de profils expérimentés

Alors que le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics confirme sa reprise, certains profils expérimentés sont en tension. Notamment ceux impliqués dans la transition énergétique des bâtiments et les réseaux d'eau. Explications.

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Le BTP face à une pénurie de profils expérimentés

Le secteur du BTP confirme sa reprise. La Fédération nationale des Travaux publics (FNTP) anticipe 7 % de croissance pour cette année. Une croissance largement impulsée par les projets du Grand Paris – qui drainent 70 % des investissements nationaux en matière de travaux publics -, mais aussi ceux des Jeux Olympiques de 2024.

Cette reprise engendre un besoin croissant de main d'œuvre dans le secteur du BTP, qui fait déjà face à une pénurie de profils, notamment de techniciens qualifiés et de cadres. C'est ce que révèle l'étude de rémunération 2019 du cabinet de recrutement Michael Page.

"Les grands projets parisiens, couplés aux ambitieux objectifs de rénovation énergétique des bâtiments et à la dynamique des programmes neufs, accentuent la pression sur les besoins en compétences", indique David Merigonde, directeur senior de la division immobilier et construction chez Michael Page.

Pénurie de compétences en CVC et VRD

Les compétences - et notamment celles impliquées dans la transition énergétique des bâtiments ou l'appropriation des innovations numériques du secteur - viennent à manquer. Les compétences fluides sont particulièrement recherchées, indique l'étude de Michael Page. De même que celles qui se consacrent aux outils BIM, lancés en 2015/2016 et confirmés par les professionnels.

Le métier de chef de projet CVC (chauffage, ventilation, climatisation) fait parti des postes à très forte demande. Les compétences de techniciens et de cadres en Voirie et réseaux divers (VRD) sont également en pénurie, et notamment les profils de canalisateurs.

Des rémunérations qui continuent d'augmenter

"Le débauchage de personnel compétent se multiplie entre les entreprises", indique Pierre Berger, président de la Fédération régionale des Travaux publics Auvergne Rhône-Alpes, qui prévoit pas moins de 20.000 recrutements en 2019, dont 5.000 créations nettes de postes. La hausse des salaires soulignée par l'étude de rémunération 2019 de Michael Page en témoigne (voir tableau).

Une pression pas près de retomber

Réputée pour pratiquer les plus hauts salaires - en plus de concentrer la majorité des postes -, la région parisienne aspire les profils, ce qui accentue la pression sur les embauches en région. Une pression qui n'est pas près de retomber. Le faible renouvellement des réseaux d'eau - 0,6 % par an - et le retard accumulé, présagent une tension encore plus forte à l'avenir.

D'autant que les acteurs publics sont incités à accélérer les investissements dans les réseaux. En atteste l'initiative de la FRTP Auvergne Rhône-Alpes. Elle édite un guide sur les démarches nécessaires à l'obtention d'aides et de subventions.

Les conclusions des Assises de l'eau vont dans le même sens : "Nous avons constaté qu'une partie des fonds destinés à l'entretien des voiries ou au renouvellement des réseaux humides n'étaient pas réclamés par les collectivités, ce qui peut les conduire à renoncer à certains travaux, faute de moyens suffisants. Les Assises de l'Eau ont mis en avant cette difficulté en septembre 2018, permettant notamment aux collectivités de recourir plus aisément à des aqua-prêts financés par la Banque des Territoires créée par la Caisse des Dépôts et Consignations", indique Pierre Berger dans un communiqué.

E.B et S.T.

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