Réparer c'est bien, anticiper c'est mieux ! C'est en partant de ce constat que le réseau France eau publique qui rassemble 120 opérateurs publics et collectivités en charge de l'eau et de l'assainissement vient de signer un partenariat avec l'ENGEES (l'École nationale de la gestion de l'eau et de l'environnement de Strasbourg). Sa volonté étant de s'attirer les faveurs d'ingénieurs à même de trouver les solutions de demain pour faire face à la transition écologique tout en prenant en compte les évolutions technologiques. « Les métiers de l'eau sont en mutation. De métiers essentiellement techniques, souvent curatifs, on s'oriente désormais vers une large diversification de profils. Aujourd'hui, nous avons un besoin accru de professionnels en mesure de prévenir et de répondre aux besoins qu'entraine le dérèglement climatique », explicite Christophe Lime, le président de France eau publique.
La recherche en ligne de mire
Aussi, le partenariat passé avec l'ENGEES vise deux volontés. La première consiste à mieux valoriser les opportunités professionnelles pour attirer les ingénieurs et leur offrir la possibilité d'accéder à des stages, de l'alternance, dans la fonction publique de l'eau avec l'ambition qu'ils intègrent par la suite le secteur. La seconde : créer des synergies avec le monde universitaire et celui de la recherche par le biais de projets scientifiques menés par ces étudiants au sein des entités de France eau publique. « À ce jour, nous manquons de lien avec les pôles universitaires, les pôles de recherche y compris les laboratoires qui y sont parfois associés. Or dans la gestion publique et particulièrement dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, un travail de fond, de recherche approfondie est désormais essentiel pour endiguer les problèmes au lieu d'agir une fois qu'ils soient conséquents » précise Christophe Lime.
De nouveaux métiers vont voir le jour
Synonyme de changement, ce partenariat introduit la volonté de France eau publique de décliner un pôle recherche, un pôle innovation et un pôle main d'œuvre sur l'ensemble du territoire. « Nos services d'eau et d'assainissement vont bien entendu rester des services techniques mais ils seront de plus en plus basés sur le traitement de l'eau brute et de l'eau usée. D'autant plus que dans les 10, 15, 20 ans qui viennent, la question ne sera plus que de tirer les tuyaux mais de savoir si on aura la capacité de mettre de l'eau dedans ! », argumente Christophe Lime. Aussi, le secteur demandera à ses ingénieurs d'avoir de plus en plus de prospectives. Et de nouveaux métiers centrés sur la connaissance des ressources en eau, sur la dépollution et à même de travailler sur les périmètres de protection des captages d'eau potable vont se multiplier. Dans cette volonté, l'entité va poursuivre ses partenariats avec d'autres établissements et universités, à l'instar de Chrono-environnement de l'université de Franche-Comté ou de l'École nationale supérieure d'ingénieur de Poitiers (ENSI). Ambition : trouver les talents de demain à même de faire évoluer la gestion d'eau publique.

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