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Emploi-Environnement

Formation : encore un petit effort pour répondre aux besoins des artisans du BTP

Si la formation des artisans du BTP privilégie la prévention, elle traite peu les troubles musculosquelettiques et concerne peu les seniors, selon une étude. Le point sur les tendances et les pistes d'amélioration.

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Formation : encore un petit effort pour répondre aux besoins des artisans du BTP

Le suivi des formations à la prévention est en hausse pour la majorité des métiers du BTP, selon l'Observatoire des formations des organismes de la filière publié le 8 juillet 2019. Sur les 68.440 formations suivies en 2017, la moitié sont des formations de prévention, 36 % sont des formations techniques et 14 % sont des formations en gestion.

En 2017, les couvreurs-plombiers-chauffagistes, électriciens et les métiers de travaux publics se sont ainsi massivement formés à la prévention. Les charpentiers-menuisiers, métiers du plâtre et de l'isolation, et métiers du paysage dans une moindre mesure.

Les entreprises privilégient les formations obligatoires

La conduite d'engins, l'électricité, le travail en hauteur et le secourisme sont les thématiques de formation en prévention les plus suivies. Cela s'explique en partie par les risques inhérents aux métiers "mais également par l'existence des formations obligatoires nécessaires à l'activité de l'entreprise (habilitation électrique, autorisation de conduite d'engins, attestation de compétence pour l'utilisation d'échafaudages, etc.)", précise l'Observatoire.

L'entrée en vigueur de la réglementation DT-DICT le 1er janvier 2018 prévoit une obligation pour les personnes travaillant à proximité des réseaux d'être formées et de détenir une autorisation d'intervention à proximité des réseaux (AIPR). Elle a ainsi entraîné une progression de 39 % des formations liées à la prévention dans le domaine de l'électricité. A l'inverse, "le déclin notable depuis quelques années des formations qui permettent d'obtenir une qualification RGE (Reconnus Garants de l'Environnement)" explique en partie la baisse enregistrée par les formations techniques. Depuis l'instauration du label en 2011, près de 23.000 professionnels l'ont obtenu.

Des pistes d'amélioration

Alors que les troubles musculo-squelettiques (affections périarticulaires, coiffe des rotateurs, lésions du ménisque…) constituent toujours la première cause de maladies professionnelles dans l'artisanat du BTP (94 % en 2016), "les formations liées aux contraintes physiques ne représentent que 1 % des formations suivies", souligne cependant le document. Autre disparité notable : alors que les 51 ans et + représentent 29 % des actifs du BTP, ils n'enregistrent que 15 % de présence aux formations.

L'Observatoire identifie plusieurs pistes pour pallier ces problématiques, et faire évoluer la formation en général. Parmi elles : développer des formations numériques et des supports digitaux pour permettre aux participants "de se former à leur rythme" et aux entreprises "de gagner du temps". Il existe déjà des modules de e-learning gratuits sur le site préventionbtp.fr (OPPBTP). Ils traitent, en 15 minutes, de sujets comme l'échafaudage, le port du harnais, etc. L'intégration de la réalité virtuelle aux modules de formation est également perçue comme un moyen d'aborder des thématiques sécurité en condition réelle de travail. Une piste d'innovation pour les organismes de formation…

Elodie Buzaud.

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