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Emploi-Environnement

1ère ferme d'hydroliennes fluviales en vue, un atout pour le savoir-faire français

Première mondiale, une ferme d'hydroliennes sur le Rhône produira de l'électricité dès 2019. Derrière ce projet, des compétences spécifiques se déploient… qui pourraient annoncer une filière industrielle de l'hydroélectricité nouvelle génération.

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1ère ferme d'hydroliennes fluviales en vue, un atout pour le savoir-faire français

Le projet de la plus grande ferme d'hydroliennes fluviales au monde franchit un nouveau cap. Située sur le Rhône, à l'aval de Génissiat (01), la future ferme pourrait sonner l'émergence d'une filière industrielle d'hydroliennes en France.

La Compagnie nationale du Rhône (CNR), l'Ademe, HydroQuest et Constructions Mécaniques de Normandie (CMN) viennent de signer une convention de financement pour développer le projet pilote. Grâce à ce partenariat, 39 machines d'une puissance totale de plus de 2 MW injecteront des électrons sur le réseau électrique, à partir de début 2019.

De 50 à 70 emplois ETP estimés sur l'année 2018 pour le projet

D'ici là, HydroQuest, l'entreprise grenobloise à l'origine de la technologie d'hydrolienne utilisée pour le projet, mobilise ses équipes pour préparer le fonctionnement optimal dans la durée. Des experts en géotechnique et hydraulique vont mener sur site des études d'implantation, ainsi que des études d'impact environnemental, en s'appuyant sur de solides compétences en modélisation informatique.

L'assemblage des 39 hydroliennes, de 15 t chacune, interviendra sur le chantier naval CMN, basé à Cherbourg (50). Là, ce sont les métiers de l'usinage, du montage, de l'assemblage, ainsi que ceux de la qualité, qui vont entrer en action. Objectif : fabriquer les turbines et monter les génératrices, ainsi que les convertisseurs électriques.

En parallèle, dans l'Ain, sur le futur site de production hydroélectrique, seront mis en place les ancrages dans le lit du Rhône et le câblage électrique. En phase de conception-installation, le projet devrait générer de 50 à 70 emplois équivalent temps plein (ETP), sur l'année à venir.

Des emplois liés à l'exploitation des hydroliennes pendant 25 ans

Pour assurer leur acheminement depuis Cherbourg, les hydroliennes seront démontées, puis remontées sur site en quelques jours. Elle seront ensuite tractées jusqu'à leur point d'ancrage, sur des barges flottantes. En phase d'exploitation, les équipes d'une joint venture entre HydroQuest et CNR assureront le suivi de la production et le contrôle du bon fonctionnement des hydroliennes par télésurveillance.

De conception robuste, les machines nécessiteront une maintenance minimale et leur durée de vie sera d'au moins 25 ans, assure Jean-François Simon, président d'HydroQuest. Dès qu'un débris viendra entraver la rotation des pales, un plongeur interviendra sur l'hydrolienne. En cas de réparation lourde, la turbine sera remontée en surface, sur barge flottante, pour faciliter le travail des techniciens.

Malgré les atouts de l'hydrolien, un soutien public qui se fait attendre...

Mené à bien, le projet de ferme pilote de l'Ain pourrait en augurer d'autres sur les fleuves français… Prédictible et fiable, l'énergie hydrolienne peut aussi se vanter d'une efficacité énergétique performante, avec un taux de charge bien supérieur à l'éolien ou au solaire.

Pour que l'hydrolien se déploie en France, encore faut-il un mécanisme de soutien incitatif comme le tarif d'achat. Mais celui-ci ne s'applique aujourd'hui qu'aux installations hydroélectriques de moins de 500 kW, déplore le président d'HydroQuest. Nul doute que l'appel sera entendu pour consolider la filière industrielle. D'ailleurs, le savoir-faire français dans l'hydrolien s'exporte déjà vers l'Afrique et l'Asie…

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