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Covid-19, un accélérateur pour les formations environnementales

La crise sanitaire ouvre de nouvelles opportunités aux formations environnementales, que ce soit à travers la réglementation, le plan de relance ou l'intérêt croissant pour ces sujets par des salariés en quête de sens.

Article  |  QHSE  |    
Covid-19, un accélérateur pour les formations environnementales

L'année 2020 ne fût pas une année facile pour la formation professionnelle. Le premier confinement de mars 2020 a désorganisé tous les programmes et a poussé les centres de formation comme les entreprises à basculer, avec plus ou moins de maturité, dans la distanciation. Selon une étude de Talensoft et du cabinet Féfaur, menée auprès de plus de 600 organisations européennes, tous les aspects de la formation – enjeux, attentes des apprenants, thématiques, formats, budgets, perspectives – ont été profondément affectés par la crise actuelle. « 91 % des répondants estiment qu'il s'agit d'une rupture universelle et soudaine », confirme Michel Doaz, expert du marché de la formation et du digital learning au cabinet Féfaur.

Si la formation à distance existait déjà grâce à l'emploi d'outils numériques (digitalisation), elle s'est imposée et, avec elle, le besoin de former les formateurs à ce nouveau paradigme. « La classe virtuelle est devenue le nouveau format clé, confirme Michel Doaz, avec l'arrivée d'un peu de spectacle dans les formations pour capter l'auditoire à distance ». Nouveaux outils numériques, nouveaux modes d'apprentissage par écran interposé, les formateurs ont eu fort à faire pour maintenir la qualité d'apprentissage malgré la nouveauté du format. « Le contact se réduit à quelques pixels sur l'écran, sans caméra parfois. La parole devient ambiguë, les intentions nous échappent et notre attention fuit », prévient Cynthia Ied, directrice de la pédagogie et de l'innovation du groupe IGS. La spécialiste assure que l'apprentissage à distance nécessite une adaptation des méthodes de formation. En la matière, la crise sanitaire a accéléré une mutation déjà entamée mais pas encore aboutie.

Mise à niveau nécessaire en matière de gestion des risques

Si la crise sanitaire a affecté en profondeur le secteur de la formation, elle a aussi été source de demande. Les questions de sécurité sanitaire et de bien-être au travail ont été au coeur des préoccupations de nombreux salariés en 2020 et le seront encore en 2021. Le développement du télétravail a engendré des questionnements à ce sujet : « Nous avons vu un afflux de demandes de formation en matière de qualité de vie au travail, risques psychosociaux de la part de tous les profils, salariés mais aussi managers », témoigne Séverine Lesage, d'Afnor Compétences.

Les entreprises ont aussi dû répondre aux attentes de leurs salariés en la matière : « Dès le premier confinement, nous avons plongé dans le digital learning pour l'ensemble des collaborateurs, témoigne Loïk Allain, responsable formation et développement des compétences chez Derichebourg Multiservices. Deux tiers de nos modules de formation ont très vite été rapatriés sur notre plate-forme d'apprentissage et nous avons très vite dû créer quatre modules spécifiques : un sur la Covid-19, un sur la désinfection et deux sur le télétravail, pour les managers et les collaborateurs ».

Plus globalement, le sujet de la prévention des risques reste un sujet majeur dans les métiers de l'environnement, accentué par une règlementation évolutive : « Évaluer la conformité de son organisation ou de son site et le pilotage de cette conformité est une grande tendance actuelle, poussée par une règlementation qui évolue vite, et la crainte de ne pas être à jour », explique Cécile Arnoult, consultante inter de l'organisme Elegia Formation. Règlementation post-Lubrizol, basculement de la norme OHSAS 18001 vers l'ISO 45001, ou encore évolution des autorisations environnementales, sont autant de sujets de mise à jour pour les professionnels du secteur.

Trouver du sens à son métier

D'autres règlementations orientent les choix de formation. C'est le cas, par exemple, de la loi luttant contre le gaspillage alimentaire et pour une économie circulaire (Agec), qui engendre un besoin de formation accru sur ces thèmes, de même que la démarche d'analyse du cycle de vie (ACV). « Nous avons eu plus de demandes au deuxième semestre de l'année 2020 que sur toute l'année 2019 », constate Séverine Lesage, d'Afnor Compétences. La loi Pacte suscite également un intérêt croissant pour la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). « Les entreprises veulent se positionner comme innovantes sur ce terrain, manifester leur engagement, leur intérêt », remarque Cécile Arnoult d'Elegia.

Si les entreprises s'intéressent de plus en plus à la RSE, les salariés aussi s'interrogent sur le sens de leur action, de leur métier. La crise sanitaire a d'ailleurs accentué les remises en question et de nombreux centres de formation constatent une diversification des profils s'intéressant aux formations environnementales et de nombreuses reconversions. Les cycles dédiés au développement durable ont ainsi eu beaucoup de succès en 2020. « Les personnes ont besoin d'être en accord avec leurs ambitions, d'aligner leurs convictions profondes avec leur job », témoigne Séverine Lesage. La directrice générale de Afnor Compétences, Anne Thomas, explique aussi cette tendance par la réforme de l'accès à la formation : « Les salariés sont désormais acteurs de leur choix, ils peuvent utiliser les euros de leur compte formation (CPF) selon leurs besoins, leurs envies. La tendance devrait se poursuivre ».

1 milliard d'euros pour le FNE-Formation

Cette évolution généralisée de toute la formation professionnelle s'accompagne, pour les métiers de l'environnement, d'une autre tendance très favorable, liée à la place de la transition écologique dans le plan de relance. « L'émergence des nouvelles activités, liées à la transition écologique, à l'économie circulaire et au digital, doit s'accompagner d'une politique de montée en compétence des actifs par la formation professionnelle continue », peut-on lire dans le plan de relance initié en septembre 2020. Le gouvernement prévoit donc une enveloppe d 'un milliard d'euros pour abonder le Fonds national de l'emploi (FNE-Formation). Les entreprises ou leur branche (OPCO) conventionnent avec l'État pour obtenir ces fonds et financer la formation des salariés en vue de favoriser leur employabilité, dans un contexte de mutations économiques. Et les métiers de la transition écologique, dans ce contexte, peuvent tirer leur épingle du jeu.

 
 
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