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Ingénieur smart grids : des compétences rares et recherchées

Pour déployer les smart grids, les industriels recherchent des ingénieurs ayant une double compétence, dans les domaines de l'électrotechnique, des technologies de l'information mais aussi dans la réglementation et l'économie.

Energies  |    

"On dénombre plus de 120 démonstrateurs de smart grids développés depuis 2008 en France, 500 M€ ont été consacrés à la R&D entre 2008 et 2014", indique Valérie-Anne Lencznar, déléguée générale de l'association Think smartgrids. Ces réseaux intelligents, en plein boom, requièrent de nouvelles compétences, ou plutôt des compétences multiples. Des profils encore rares : "Avec les ruptures technologiques (blockchain, capteurs…), les besoins sont nouveaux et changeants, dans les domaines techniques, réglementaires, de marché… Nous avons des difficultés à recruter les profils adaptés. Cela ne date pas des smart grids mais ça s'est accru depuis", explique Ronald Kubelec, directeur technologie et innovation au sein de la division Energy management de Siemens France et rapporteur de la commission formation de Think smartgrids. L'association a donc souhaité répertorier les formations existantes et les compétences recherchées par les entreprises pour répondre à la demande actuelle et future.

Les doubles compétences sont recherchées

La commission a recensé les grands groupes de compétences recherchées par les industriels, articulés autour de trois grands piliers : le numérique, l'électrotechnique et les aspects économiques, sociétaux et réglementaires. Le développement des données nécessite des compétences dans les technologies de la communication et de l'information, de la cybersécurité mais aussi dans les mathématiques appliquées et les statistiques pour ce qui relève de l'exploitation des données, de l'optimisation ou de la maintenance prédictive. Les smart grids requièrent également des personnes qualifiées dans le domaine de l'automatisme, de l'informatique industrielle, notamment dans l'instrumentation. Des compétences en électrotechnique de réseaux et en sûreté de fonctionnement sont indispensables. "Les ingénieurs doivent avoir conscience de ce qu'ils font et des conséquences. Il y a un réel besoin de fiabilité des modèles", explique Ronald Kubelec. Les smart grids, c'est aussi de la gestion de la flexibilité (stockage, "demand response"...), de l'économie (marchés, international, régulation) et de l'analyse sociétale pour développer des système ergonomiques, qui sont également acceptés par le public. Enfin, des connaissances de base sont recherchées, comme de bonnes capacités d'expression ou la maîtrise de l'anglais.

"Il est rare de trouver des candidats qui maîtrisent bien deux domaines. Pourtant les entreprises recherchent des ingénieurs avec une double compétence, note Ronald Kubelec. Un ingénieur qui maîtrise les IT et l'électronique de réseau est très précieux par exemple".

Seize entreprises ont répondu à un questionnaire qui a permis d'établir cette cartographie des connaissances. Celles-ci "ont l'intention de recruter, en 2018, plus de 300 personnes avec à la clé des rémunérations de 22 à 33 K€ pour les techniciens et de 30 à 50 K€ pour les ingénieurs", précise l'association.

31 formations répertoriées

Think smartgrids a dénombré 31 formations existantes en France, qui allient les trois piliers de compétences nécessaires aux smart grids. "Ces formations sont dispensées plutôt dans l'enseignement supérieur et les écoles d'ingénieurs", indique Nadia Maïzi, directrice du centre de mathématiques appliquées de MINES ParisTech et présidente de la commission formation. Précisément 3 BTS, 6 licences et 22 mastères ont été recensés dans les écoles (Centrale Supelec, Ecole des hautes études d'ingénieurs de Lille, Mines ParisTech…) et universités (Paris-Diderot, Grenoble INP/ENSE 3...).

Dans ces formations, en moyenne, 35,7% des heures de cours sont dédiées aux systèmes électriques, 17,6% au numérique, 11,7% aux aspects réglementaires et sociétaux. "En France, c'est plutôt le monde de l'énergie qui s'ouvre au numérique alors qu'aux Etats-Unis, c'est le contraire. Ce sont les "GAFA" (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui s'ouvrent à l'énergie", analyse Nadia Maïzi.