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"Un bilan de compétences tourné vers la transition écologique permet d'explorer des métiers porteurs de sens"

Cap Positif, bilan de compétences dédié à la transition écologique et sociale, aide à aligner travail et valeurs. Rencontre avec Camille Guezennec, cofondatrice de Little Big Impact, à l'origine de cette démarche engagée sur Talents for the Planet.

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"Un bilan de compétences tourné vers la transition écologique permet d'explorer des métiers porteurs de sens"

Emploi-Environnement : Qu'est-ce qui différencie un bilan de compétences classique d'un bilan à impact positif ?

Camille Guezennec : La première étape reste assez conventionnelle : il s'agit d'une phase d'introspection autour des valeurs, des compétences, des talents, de l'environnement de travail souhaité, ainsi que des éléments non négociables.

La véritable singularité vient ensuite, avec ce que nous appelons "le Monde des Possibles". Les participants y explorent des métiers porteurs de sens : métiers verts, verdissants ou à vocation sociale. Ils découvrent également les structures de l'économie sociale et solidaire, de la transition écologique, les opportunités dans le secteur public, et les entreprises privées engagées. On apprend à repérer ces organisations à travers les labels, les certifications, et à faire la différence entre engagement sincère et greenwashing.

Plutôt que de partir d'un secteur, la démarche invite à réfléchir aux enjeux de la transition écologique et sociale qui résonnent le plus pour chacun, ainsi qu'au niveau d'action souhaité : sur le terrain, au plus près des réalités, ou à un niveau plus stratégique, comme la recherche.

À partir de là, chacun fait émerger des pistes de projet professionnel, toujours sous l'angle de l'impact positif. Certains souhaitent se réorienter vers un métier à impact direct, d'autres préfèrent rester dans leur domaine mais au sein d'une structure alignée avec leurs valeurs. C'est à eux que revient le choix de positionner le curseur.

EE : Quelles sont les modalités de ce bilan ?

CG : Nous adaptons la formule aux besoins des participants. Certains arrivent sans idées précises, avec juste une envie de sens, sans connaître l'ESS ni les métiers à impact. Pour eux, on prévoit plus d'heures d'entretien. D'autres ont déjà une expérience dans ces secteurs, en connaissent les enjeux, mais ont besoin d'un accompagnement pour structurer et formaliser leur projet.

Concrètement, l'accompagnement dure entre 3 et 5 mois, avec 8 à 12 séances individuelles d'une heure, à caler librement avec le consultant choisi. En parallèle, il y a 3 à 4 heures de travail par semaine sur une plateforme en ligne, avec des exercices et des témoignages vidéo inspirants. On propose aussi des ateliers collaboratifs, facultatifs, pour échanger entre participants, réseauter, s'entraîner à pitcher son projet ou travailler sur les freins à la transition, via du co-développement.

Le bilan est finançable par le CPF, France Travail ou l'employeur, mais il est aussi possible d'en bénéficier en fonds propres.

EE : Quels types de profils accompagnez-vous ?

CG : On a à peu près autant d'hommes que de femmes. Un tiers a autour de 30 ans, avec quelques années d'expérience. Souvent, ils sont dans une phase de vie charnière, avec des questionnements sur le sens, parfois liés à des changements personnels comme l'arrivée d'un enfant. Un autre tiers a plutôt 45 ans, avec une première partie de carrière derrière eux, et une envie de redonner du sens aux 20 années professionnelles à venir. La majorité vient du privé, dans des structures classiques de toutes tailles. Mais on accompagne aussi de plus en plus de personnes issues de l'ESS, parfois en poste dans des ONG ou des associations, qui cherchent à garder un impact tout en trouvant un cadre plus stable ou en changeant d'enjeux.

EE : Qu'est-ce qui fait la différence entre ceux qui changent de cap à l'issue du bilan et ceux qui n'y arrivent pas ?

CG : On n'est jamais au même endroit à la fin du bilan qu'au début, même si on choisit finalement de rester dans sa structure. Il y a des moments dans la vie où l'on est prêt à changer, d'autres non. Parfois, on va privilégier la vie perso, attendre un moment plus propice. Dans tous les cas, on sème des graines, on fait mûrir la réflexion.

Ceux qui changent rapidement sont souvent ceux pour qui l'inconfort de rester est devenu plus fort que la peur de changer. On ne sait jamais exactement ce qu'on va gagner, mais on sait ce qu'on laisse. Le bilan aide à réduire cet inconnu : pendant ces quelques mois, on explore, on rencontre, on teste, on affine, ce qui donne confiance.

Ce qui fait vraiment la différence, ce n'est pas juste d'avoir un projet bien pensé sur le papier. C'est le travail émotionnel qui est fait autour : les peurs, les blocages, les croyances limitantes, souvent héritées de l'éducation ou du cadre familial. Ce travail en profondeur est essentiel pour que la personne se sente alignée et prête à se lancer.

 
 
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