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DPE, audit énergétique : le métier de diagnostiqueur à la croisée des chemins

Les nouvelles obligations réglementaires de la loi Climat-résilience forcent le secteur de l'immobilier et du bâtiment à recruter plus de diagnostiqueurs et à les former à la rénovation énergétique. Points de vue.

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DPE, audit énergétique : le métier de diagnostiqueur à la croisée des chemins

Le diagnostic énergétique devient primordial dans l'immobilier et la construction. Et cela d'autant plus avec l'entrée en vigueur progressive des dispositions de la loi Climat et résilience. « Cette loi permet d'unifier les pratiques du diagnostic de performance énergétique (DPE), aux professions trop fragmentées, en engageant la responsabilité du diagnostiqueur », constate Jean-Christophe Protais, président du nouveau Syndicat interprofessionnel du diagnostic immobilier, de l'analyse et de la numérisation de l'existant (Sidiane).

Vers un recrutement de 2 000 diagnostiqueurs

Face au manque de formations et d'outils, les fédérations et organismes comme le Sidiane ont notamment milité pour que l'obligation d'audit énergétique des « passoires thermiques » (catégories F et G du DPE), prévue dès janvier 2023, soit reportée. Si l'obligation a finalement été repoussée en avril 2023, la demande de nouveaux diagnostiqueurs formés en la matière ne faiblit pas. La société BTP Diagnostics, par exemple, compte ouvrir quinze agences supplémentaires et cherche actuellement à recruter trente diagnostiqueurs. « On estime que sur une profession qui compte déjà 10 000 professionnels, il en manque encore 2 000 pour satisfaire les nouvelles exigences réglementaires », énonce le président du Sidiane.

Pour y parvenir, le principal levier reste la formation. « Il existe toujours un écart entre la formation initiale et l'entrée dans le métier, confirme Guy Barta, administrateur de la Fédération interprofessionnelle du diagnostic immobilier (Fidi). Les méthodes globales restent les mêmes entre les différents types de diagnostics, mais le DPE demande plus de données à saisir. » Et les connaissances et compétences manquantes ne sont pas nécessairement celles que l'on croit.

Une nécessaire mise à niveau

Selon le Sidiane, la moitié des diagnostiqueurs en activité sont déjà capables de réaliser un DPE ou un audit énergétique. Des « compétences de base en énergétique-thermique » suffisent. « Il s'agit des mêmes modules de calcul et du traitement des mêmes données, atteste Jean-Christophe Protais. Si un diagnostiqueur ne rencontre aucune difficulté à réaliser un DPE, il sera tout aussi à l'aise avec l'audit énergétique sur ce volet-là. Ce qui est plus pénalisant pour le DPE, mais surtout pour l'audit énergétique, c'est le volet bâtiment» Alors que le DPE consiste en un diagnostic énergétique à un instant t, l'audit porte, quant à lui, sur une étude plus approfondie, avec une dimension supplémentaire : proposer des solutions de rénovation appropriées. « Cette notion d'économie de la construction, notamment nécessaire pour imaginer des travaux et les chiffrer, n'est pas acquise chez tous les diagnostiqueurs. »

Pour arranger la situation, la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages (DHUP) a récemment réuni toutes les fédérations autour d'un plan d'action exhaustif pour standardiser, dans un premier temps, les pratiques des professionnels sur les méthodes de DPE. Celles-ci se sont engagées à « travailler avec la DHUP pendant sept mois, pour resserrer les mailles du filet et faire du DPE un outil professionnel ». Et le président du Sidiane de conclure : « Le diagnostiqueur a l'avantage de ne pas être un métier figé, car il met à profit de mêmes outils de manière différente. On peut commencer sa carrière en maîtrisant un ou deux types de diagnostics, puis finir par devenir un véritable ingénieur de la rénovation énergétique. »

 
 
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